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Jérôme Sainte-Marie : « Les sondages font la campagne, mais ne font pas l’élection »

Alors que les soutiens d'Eric Zemmour parlent d'un vote caché et d'une surestimation de Marine Le Pen dans les sondages, le président de Pollingvox, Jérôme Sainte-Marie, nous a accordé un entretien pour nous expliquer les dessous des sondages dans une campagne présidentielle où ils sont omniprésents.

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© DR

Un certain nombre de soutiens de Reconquête parlent d’un « vote caché » pour Éric Zemmour. Pourquoi ?

C’est un réflexe assez naturel pour une équipe de campagne qui doit drainer un vote venu de courants proches, qui doit incarner une forme de vote utile. Puisqu’Éric Zemmour a des vues sur l’électorat de Marine Le Pen et de Valérie Pécresse, il a besoin de sondages favorables afin d’être le vote le plus efficace pour peser face à Emmanuel Macron et faire la réunion des droites. Voilà la raison pour laquelle son équipe a insisté sur la dynamique sondagière durant six mois.

À partir du moment où cette dynamique n’existe plus dans les sondages, où même on peut voir une baisse jusqu’à 10%, l’argument du vote caché est un recours pour essayer de convaincre les uns et les autres que ce vote demeure toujours le plus efficace. C’est un réflexe naturel, et même habituel dans les élections. Il faut rappeler qu’en 2017, l’équipe de François Fillon en parlait. L’équipe de Nicolas Sarkozy, lors de la primaire de la droite et du centre en 2016, parlait également d’un vote caché. L’équipe de Jean-Luc Mélenchon qui, lui aussi, voulait incarner une forme d’union des gauches lors des européennes de 2019 mais confronté à de mauvais résultats dans les sondages, avait mis en cause leur efficacité et avait parlé d’une forme de vote caché sans le mot. Dans tous ces cas, le vote caché ne s’est pas retrouvé dans les urnes.

Pourtant, ces votes cachés ont déjà existé. Par exemple, celui pour Jean-Marie Le Pen en 2002.

Cet exemple est très intéressant. Il avait effectivement été sous-estimé dans les sondages de 2002. Personne ne l’avait vu au second tour, alors qu’il y est allé. Il faut cependant souligner que l’écart n’était que de quelques points : il était donné au plus haut à 14%, soit 3 points en-dessous de son score réel. Il ne s’agissait que d’un million de voix. Il faut souligner à propos de Jean-Marie Le Pen qu’il avait été sous-estimé en 2002, mais surestimé d’au moins deux points en 2007. Il y a effectivement parfois des erreurs dans les sondages.

En parallèle, on voit passer des graphiques montrant que les sondages ont souvent surestimé Marine Le Pen ces dernières années, notamment lors des dernières élections régionales. Qu’en est-il ?

C’est faux, en ce qui concerne la candidate. Les sondages réalisés lors de la présidentielle de 2017 avaient parfaitement évalué le score de Marine Le Pen. De manière générale, les sondages de cette année avaient très bien anticipé les résultats au regard de l’écart entre les quatre premiers candidats. Ceux-ci avaient été estimés à leur juste place par tous les instituts de sondage. De la même manière, le score de la liste Bardella avait correctement été estimé lors des européennes de 2019. [...]

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