La sémantique est un combat que la gauche domine largement de nos jours. Geoffroy de Vries a décidé de le livrer. Il dénonce, c’est le sens du titre, la confiscation de près d’une centaine de mots par le camp progressiste qui en a tordu le sens au service de son programme et s’applique, avec patience et clarté, à leur rendre ce sens perdu. Organisé par thèmes tels que « Sociétés et relations humaines » ou « Le rapport à Dieu » l’ouvrage ressemble à des conclusions d’avocat, précises et d’une langue agréable, visant à l’élargissement de la langue française injustement prisonnière.
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« Mariage », « France » ou « Immigration », en passant par l’incontournable « fascisme » il délie les chaînes idéologiques sous lesquelles ces termes ploient pour les redresser vers leur intégrité originelle. On regrettera cependant quelques concessions au politiquement correct dès que le terrain devient par trop glissant. Dommage, même si sans doute nécessaire, compte tenu de l’hystérie ambiante. Apport salutaire, quoiqu’il en soit au recouvrement du patrimoine philologique de notre nation, que cette spoliation par la gauche menace au moins autant que le sabir de banlieue ou l’anglais d’entreprise. En un mot comme en cent : un « kit mots libres ».

L’Archipel, 256 p., 8€





