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La Cartouche : « Un discours agonistique, complaisant et schizophrène »

Ralph Müller, un jeune Suisse assistant-doctorant en littérature française, est devenu le YouTubeur « Ralph la Cartouche » à l’occasion du premier confinement. Depuis, il passe au crible d’analyses universitaires notre environnement culturel commun, et a notamment livré un brillant décryptage du rap contemporain à retrouver sur sa chaîne.

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© Bande organisée / Capture d'acran YouTube

Quelles sont les caractéristiques principales du discours du rap ?

C’est un discours agonistique, complaisant et schizophrène. Agonistique, parce qu’il se pose toujours en opposition à un ennemi imaginaire ; complaisant avec un public pour lequel il exalte toujours les mêmes valeurs déjà perçues comme positives ; schizophrène, parce que les rappeurs adoptent spontanément un discours victimaire hors de la scène, alors même que leur musique se présente toujours comme agressive et conquérante. En outre, de plus en plus, leurs paroles semblent se construire au gré du pur hasard des rencontres phonétiques, sans même de considération pour le sens. Ils font des fautes grossières de grammaire élémentaire, au point d’écrire dans une langue qui leur est propre, du moins, pour la majorité. C’est un dévoiement du langage.

Aucun rappeur ne trouve grâce à vos yeux ?

Si, j’ai beaucoup aimé Booba à ses débuts, j’ai pu apprécier IAM et Akhenaton, et, seulement pour la technique d’écriture, on peut du moins reconnaître à Nekfeu d’avoir rehaussé le niveau, ou encore Lino. [...]

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