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La fille aînée de l’Église n’a pas dit son dernier mot : entretien avec Guillaume Cuchet

Auteur en 2018 d’un essai remarqué, « Comment notre monde a cessé d’être chrétien ? » qui analysait l’effondrement de la pratique et de la transmission de la foi depuis cinquante ans, Guillaume Cuchet prolonge sa réflexion avec « Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ? » où il analyse les manifestations contemporaines de ce déclin. Est-il inexorable ?

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Votre précédent ouvrage mettait en lumière une transmission de la rupture plus qu’une rupture de la transmission. En quoi le décrochage actuel est-il inédit ?

Je n’ai pas souvenir de cette formule précisément. L’ouvrage était centré sur le palier de rupture des années 1960-1970 dans l’Église. Ce n’est pas la première fois qu’elle connaît en France un décrochage de ce type. Elle en a connu un équivalent en proportion, même si les causes étaient différentes, au moment de la Révolution. La particularité du décrochage actuel est qu’il dure et qu’on en est désormais à la troisième, voire la quatrième génération du décrochage. Ce ne sont plus des décrocheurs auxquels on a affaire, mais des décrochés, qui ont reçu la rupture en héritage. Au lendemain de la Révolution, l’Église de France a pu colmater la brèche et contenir la rupture dans ce que les sociologues ont appelé le « troisième cercle de la pratique », celui de la sacramentélisation des principaux rites de passage de l’existence (baptême, communion, mariage, obsèques). Pratiquement personne n’en était encore sorti au début des années 1960. Les spécialistes estimaient à 3 % seulement le nombre des Français d’ascendance catholique à n’avoir plus aucun lien avec l’Église. Désormais, ils représentent sans doute près de la moitié des Français.

Vous dressez un inventaire du catholicisme contemporain. Quels sont vos critères d’évaluation : foi dans les dogmes, pratique du culte, culture familiale et sociale, identité ?

Ce n’est pas un inventaire systématique. Simplement l’analyse d’un certain nombre de tendances spirituelles contemporaines, qui me paraissent généralement avoir été sous-estimées dans la recherche universitaire. Cela dit, les critères sont bien, pour une part, ceux que vous indiquez. L’important pour l’historien est de faire jouer les échelles de temps, comme on fait coulisser des décors dans un théâtre, pour voir ce que la mise en perspective dans le temps long, moyen et court, change à la signification de la situation présente. […]

64 % des jeunes Français ne se reconnaissaient plus aucune identité religieuse. C’est un événement majeur qui introduit dans notre histoire philosophico-religieuse une inconnue formidable

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