Quelques années avant les outrances baroques de Baby Cart ou de Zatoichi, une saga cultivait déjà la passion des Japonais pour leurs héros féodaux, celle de Musashi, à la fois philosophe, peintre, bretteur et figure mythique de la voie du sabre. Une série de films à la beauté parfois hiératique, qui installe les canons du genre : lenteur opératique des combats, colorimétrie chatoyante et jeu d’acteur qui tend parfois vers l’abstraction du théâtre no.
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Un portrait de héros décliné en plusieurs visions qui chacune explore à la fois son humanité et son caractère divin, le samouraï étant constamment tiraillé entre les deux, sa maîtrise du sabre et de la plume pouvant être interprétée comme le trait d’union entre deux états opposés. Le réalisateur Hiroshi Inagaki déploie une belle palette d’émotions grâce à une grammaire ample et maîtrisée, aussi à l’aise dans le gros plan iconique que dans les chromos quasi-silencieux où s’épanouit la majesté du « monde flottant » des estampes. Une belle expérience de cinéma à revoir impérativement en salles.
Le sabre et la plume. La Légende de Musashi – 1993 (1h33), de Hiroshi Inagaki, avec Toshirô Mifune, Rentarô Mikuni, Mariko Okada, en salles le 4 août





