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La vérité vous rendra libres

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Publié le

9 juillet 2019

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Face à une droite situationnelle qui a renoncé au combat, il est temps de briser l’apparence de consensus qui règne sur la PMA et refuser le pseudo-sens de l’histoire dans lequel veulent nous enfermer les progressistes. C’est à ce prix que nous combattrons efficacement le projet de loi du gouvernement. Telle est l’ambition de ce dossier.

 

 

Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins », écrivait le 10 février 2013 Édouard Philippe. « Le projet de loi est prêt, il autorise le recours à la PMA pour toutes les femmes », affirme-t-il aujourd’hui. De son côté, Bruno Le Maire, alors en campagne pour la Primaire de la droite et du centre en 2016, entendait se démarquer d’une droite conservatrice demandant l’abrogation de la loi Taubira. Toutefois, son opposition à la PMA ne faisait pas l’ombre d’un doute : « Je ne suis pas favorable à la PMA pour les couples homosexuels » car « la seule limite que je fixe, c’est celle du droit à l’enfant », disait celui qui avoue aujourd’hui avoir des interrogations et se laisser bousculer.

 

Lire aussi : Élargissement de la loi sur la PMA: encore une loi qui va diviser les français

 

La palme revient sans doute à Gérald Darmanin qui était allé jusqu’à déposer un amendement en février 2013 pour interdire explicitement la PMA aux couples homosexuels afin de ne pas entrer dans la logique du droit à l’enfant. Que dire de telles évolutions aussi spectaculaires en aussi peu de temps ? S’agit-il de trahisons ? Non, c’est encore pire. Une trahison aurait nécessité de renoncer à des convictions auxquelles on croyait naguère sincèrement. Tel n’est pas le cas de ce que l’on peut appeler la droite situationnelle. Pour cette droite, à laquelle appartenaient Édouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérard Darmanin, l’essentiel est de se situer sur l’échiquier politique, en fonction des positions adoptées à leur droite et à leur gauche. Entre ceux qui refusaient la loi Taubira en bloc et ceux qui voulaient déjà la PMA, il leur semblait tout à fait légitime d’adopter cet entre deux qui avait le mérite de ne pas trop offenser la gauche tout en rassurant une partie de la droite. Car l’essentiel était de pouvoir rassembler un maximum d’électeurs… Mais ceux-ci ont fini par se lasser. La droite dite de gouvernement est morte à force d’avoir été trop situationnelle face à une gauche qui prétendait incarner le sens de l’histoire et l’emmenait toujours plus sur son terrain. « Le monde s’est divisé entre conservateurs et progressistes, disait Chesterton.

Une trahison aurait nécessité de renoncer à des convictions auxquelles on croyait naguère sincèrement. Tel n’est pas le cas de ce que l’on peut appeler la droite situationnelle.

L’affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L’affaire des conservateurs est d’éviter que les erreurs ne soient corrigées ». De fait, le magistère moral de la gauche n’a de force que l’égale faiblesse d’une droite ayant intériorisé la domination intellectuelle du progressisme et ayant renoncé à toute perspective de combat.

 

Lire aussi : La PMA « sans père » : un bouleversement anthropologique sans précédent

 

C’est dans la liberté qui leur est donnée que les hommes écrivent l’histoire, il ne peut donc y avoir un quelconque sens de l’histoire, qui postulerait une direction inéluctable vers l’avenir invincible du progressisme triomphant. Mais pour que cette liberté s’exerce en pleine conscience, il faut être capable de dénoncer la racine des maux qui permettent au progressisme d’asseoir ensuite sa domination. Dans le cas de la PMA, c’est le principe même d’une procréation dissociée de tout rapport charnel qui pose problème, comme le souligne Thibaud Collin dans notre dossier. « Peut-être croyez-vous, mon cher Massis, que l’on fait des enfants disait Charles Maurras. Détrompez-vous, on embrasse sa femme ! Les enfants viennent quand ils viennent, comme ils peuvent venir… Quant à prétendre se passer du médiateur naturel et procéder directement à la confection du résultat vivant (héros, saint ou simple fœtus), c’est la grande folie des philosophies purement éthiques, comme des doctrines de pure spéculation qui croient pouvoir se désintéresser de leur répercussion dans la réalité ».

 

Lire aussi : PMA : Parricide médicalement assisté

 

Sagesse prémonitoire du martégal face à la folie d’une PMA qui, ainsi étendue, prive délibérément des enfants de père, fait entrer le corps humain et ses produits dans le domaine marchand et détourne la médecine de son objet, comme le souligne Ludovine de la Rochère. C’est ce transhumanisme que dénonce courageusement la députée LREM Agnès Thill, qui affronte pour cela les oukases de son propre parti, toujours prompt à revendiquer une liberté de pensée qu’il refuse pourtant à ceux qui ne suivent pas la doxa progressiste. Car, dans ce monde aseptisé, une parole de vérité brise souvent une apparence de consensus dans lequel on tente d’enfermer le débat politique. Mais, c’est le prix à payer car seule « la vérité vous rendra libres ».

Benoît Dumoulin

 

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