L’Action française rend hommage au maréchal Juin

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Le mémorial au maréchal Juin a été fracassé au cours de la manifestation du 16 novembre dernier place d’Italie, à Paris. Des membres de l’ultra-gauche et des « Black-Blocs » ont utilisé des barres métalliques et des masses afin d’en faire des projectiles contre les forces de l’ordre. Or, le maréchal Juin est inscrit au panthéon des officiers qui ont contribué à libérer la France du joug nazi. Il y a trois jours, le mouvement royaliste, l’Action française, a donc décider de rendre hommage à ce patriote, pied-noir d’origine, héros de la campagne d’Italie. 

 

Inaugurée en 1983, la stèle du Maréchal Juin est un symbole de la résistance française au nazisme. Et nombreux furent les « camelots du roi » parmi les premiers réseaux de résistance à l’occupant même si « il faut aussi savoir assumer les erreurs de notre passé » reconnaît Etienne Lombard, 56 ans, qui dirige la fédération francilienne de l’Action française. Il est l’arrière-petit-neveu du général de Gaulle et ne badine pas avec le sens des symboles qui rappellent la grande histoire de France. La fédération AF-île de France a un millier de membres et de sympathisants. Une des plus actives avec celle d’Auvergne- Rhône-Alpes et celle de Marseille qui a vu son nombre d’adhérents augmenter récemment.

 

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« Au-delà du fait que le maréchal Juin n’était pas royaliste et de toutes considérations partisanes, s’attaquer à la stèle du maréchal a été un acte lamentable et d’une stupidité incroyable » déclare-t-il. Selon-lui, le préfet de Paris est tout aussi à blâmer que les « casseurs », n’hésitant pas à évoquer « la complicité du gouvernement dans cette affaire ». Cet ancien camelot qui a fait ses classes avec Guy Steinbach, président aujourd’hui disparu de l’Association Marius Plateau des anciens combattants d’Action Française, renchérit : « Si on banalise de tels actes en France, on accélère le mouvement déjà entamé du délitement de notre nation ». 

 

 « Le maréchal Juin a été le dernier maréchal de France, il a marqué notre histoire par sa carrière, un homme du peuple qui a grandi par son seul mérite, qui était de cette terre d’Algérie qui était française, un des vrais libérateurs militaires de la France » ajoute maître Jacques Trémolet de Villers.

 

Les dégâts sont encore visibles autour de la stèle du Maréchal Alphonse Juin et ils sont une cinquantaine de jeunes réunis autour de la stèle endommagée pour se recueillir. La plupart des sympathisants ont moins de 25 ans. « Leur présence est importante, elle se traduit dans la ligne droite de ces étudiants qui ont manifesté le 11 novembre 1940 contre les nazis avant d’être arrêtés devant l’arc de Triomphe. Chaque année, la section île de France de l’Action française leur rend d’ailleurs hommage » précise Etienne Lombard. Et parmi les personnes présentes, Jacques Trémolet de Villers qui a succédé à Guy Steinbach à la tête de l’association. « J’ai été impressionné par l’initiative spontanée de l’Action française qui a lancé ici un message fort. C’est pourquoi, j’ai voulu m’y associer et communier avec eux » explique cet avocat réputé et qui déplore « un acte absurde par des gens qui ne savaient pas plus ce qu’ils faisaient et à ce quoi ils s’attaquaient ».

 

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 « Le maréchal Juin a été le dernier maréchal de France, il a marqué notre histoire par sa carrière, un homme du peuple qui a grandi par son seul mérite, qui était de cette terre d’Algérie qui était française, un des vrais libérateurs militaires de la France » ajoute maître Jacques Trémolet de Villers. « Un vrai soldat et un voisin connu pour sa simplicité » précise-t-il, se souvenant aussi de ses prises de positions pendant la guerre d’Algérie. « Il a été sollicité pour prendre la tête du putsch de 1961, il a hésité avant de refuser. Cet homme d’honneur est resté fidèle à l’armée et ne souhaitait pas l’embarquer dans une aventure qui aurait été catastrophique.» explique Jacques Trémolet de Villers, avec un brin de nostalgie. Mais il le reconnaît avec le recul, « il a fait le bon choix ». 

« Le maréchal Juin reste un exemple que les jeunes doivent suivre. C’est un fils de France à qui nous avons rendu hommage et qui ne méritait pas qu’on s’attaquât à lui. C’est un vrai symbole, un héros, un résistant » conclut Etienne Lombard. 

 

Frédéric de Natal

 

NOTA BENE :

Général de division échappé de la forteresse de Königstein où il avait été enfermé par les Allemands après l’invasion de la France en 1940, Alphonse Juin a 53 ans quand il reçoit le commandement des forces de l’Afrique du Nord. Le destin de ce natif de Bône en Algérie vient alors de s’enclencher. Pétainiste et camarade de promotion du général de Gaulle à St Cyr, Juin finit par se rallier aux forces américaines à l’automne 1942.  Lavé de tout soupçon de collaboration, il est nommé général d’armée au lendemain de l’assassinat de l’amiral Darlan, dauphin de Pétain, par un jeune monarchiste, Bonnier de la Chapelle. Ce dernier est la pièce maîtresse d’une tentative de prise de pouvoir par le comte de Paris, Henri d’Orléans. Juin infligera de fortes pertes à l’Afrika Korps du maréchal Rommel en Tunisie mais va révéler son véritable génie militaire lors de la bataille du Mont Cassino en 1943, tournant majeur du conflit mondial.

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frederic.natal@lincorrect.fr

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