Skip to content

L’actrice Charlize Theron sous les feux des critiques de l’Afrikanerdom

Par

Publié le

1 décembre 2022

Partage

Actrice de renommée internationale, Charlize Theron fait face à une vague de critiques depuis plusieurs jours après avoir qualifié l’afrikaans, sa langue maternelle, de « mourante et inutile ». Plusieurs personnalités artistiques sud-africaines ont condamné les propos de la star oscarisée.
dr

C’est une polémique dont se serait bien passée Charlize Theron. Dans un podcast réalisé par SmartLess et mis en ligne mi-novembre, l’actrice sud-africaine de 47 ans a déclaré que sa langue maternelle, l’afrikaans, était « mourante et inutile », tout en ironisant sur le fait qu’elle n’était parlée que par « environ 44 personnes ». Bien qu’elle ait rappelé avoir grandi dans la ville de Benoni, située dans le Gauteng (anciennement Transvaal), non sans nostalgie, Charlize Theron a reconnu qu’elle ne maîtrisait l’anglais que depuis son arrivée aux États-Unis en 1994. Date à laquelle Nelson Mandela a été élu président de la République sud-africaine, peu de temps après les premières élections multiraciales organisées dans ce pays marqué par des décennies d’apartheid.

Lire aussi : [Idées] Hitler est en nous

Ces commentaires ne sont pas passés inaperçus en Afrique du Sud et ont provoqué une vaste polémique, à l’heure où cette langue est toujours considérée comme un héritage du régime de ségrégation raciale par une partie des Sud-africains noirs. Mélange de néerlandais (majoritaire), d’allemand, de français, d’idiomes ethniques locaux et même de malais, l’afrikaans a fait son apparition sur la partie australe du continent africain avec l’arrivée massive d’Européens au XVIIè siècle, avant de devenir une langue d’identité nationale et d’opposition au colonialisme britannique pour les Afrikaners. Pour les Africains, elle n’a été que synonyme d’oppression, imposée dès 1925 au mépris de leurs propres langues. En 1976, manifestant contre cet enseignement obligatoire, le massacre de Soweto a d’ailleurs soudainement mis un coup de projecteur sur cette langue, encore utilisée quotidiennement par plus de 15 millions de personnes, principalement dans les anciennes provinces historiques du Cap, de l’État d’Orange Libre ou du Transvaal.

Réagissant aux déclarations de Charlize Theron, l’acteur Tim Theron (aucun lien de parenté) a déclaré au site d’information News 24 que « de nouvelles chansons et de nouveaux poèmes sont écrits, des films sont réalisés chaque jour en afrikaans ». Le chanteur Steve Hofmeyr, connu pour ses positions en faveur de la défense de l’Afrikanerdom, a déclaré que cette « langue était bien vivante » et a profité de l’occasion pour dénoncer les tentatives des universités de supprimer cette langue au profit de l’anglais. Certains internautes ulcérés par les propos de l’actrice oscarisée, militante de la PETA et des droits homosexuels, l’ont accusée de faire « honte à ses racines » (elle est apparentée à Danie Theron, un chef militaire boer d’origine française, qui fut à la tête d’un commando d’élite durant la guerre Anglo-Boer) quand d’autres ont applaudi, pointant du doigt la dimension inégalitaire de cette langue. La polémique a même pris une tournure plus politique. Le Freedom Front + a fustigé les commentaires de Charlize Theron. « Elle est peut-être une actrice exceptionnelle, mais elle est mal informée s’agissant de sa langue natale » a déclaré dans un communiqué le parti d’extrême-droite afrikaner.

« Ces commentaires perpétuent l’idée fausse mais persistante selon laquelle l’afrikaans n’est parlé que par les Sud-Africains blancs. C’est inexact puisque 60% des personnes qui parlent la langue sont noires »


Pan South African Language Board

Le Pan South African Language Board a déclaré que les commentaires de Theron ne pouvaient pas être plus éloignés de la vérité. « [Ses déclarations sont] non seulement décourageantes, mais dérangeantes car inexactes et trompeuses. Ces commentaires perpétuent l’idée fausse mais persistante selon laquelle l’afrikaans n’est parlé que par les Sud-Africains blancs. C’est inexact puisque 60% des personnes qui parlent la langue sont noires » a rappelé le PanSALB qui renvoie dos à dos pro et anti-afrikaans. Une analyse reprise par l’universitaire et célèbre écrivain Pitika Ntuli qui a confirmé qu’on était loin de parler de disparition de l’Afrikaans en Afrique du Sud.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest