[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1558345899514{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
NSK : State in time, deux Français réalisent un documentaire sur un groupe slovène organisant en 1995 la sortie de son public de Sarajevo assiégé par le biais d’un État virtuel. Parce que souvent la réalité est plus forte que la fiction.
Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, 1995. La ville est assiégée depuis trois ans déjà, et la vie des habitants rythmée par les combats. Seules de rares respirations leur sont accordées : un film, une pièce de théâtre… ou un concert.
Lire aussi : Jacqueline Taïeb : En attendant l’Apocalypse
Justement, les membres du mythique groupe industriel Laibach, accompagné de leur collectif artistique le NSK (pour Neue Slowenische Kunst, soit « Nouvel Art Slovène ») se rendent à Sarajevo pour y donner deux concerts à un moment particulièrement critique : le 20 novembre, veille de la signature du traité de paix, et le jour suivant. Or, la signature de cet accord rend caducs les passeports des habitants de la ville, ceux-ci se voyant dans l’incapacité de quitter les lieux. C’est alors que les membres du NSK, fondateurs d’un État virtuel du même nom, décident d’imprimer des passeports de leur État fictif et de les distribuer afin que les civils puissent quitter la cité ravagée par la guerre.
Les deux jeunes journalistes décident alors de « tirer sur le fil », et ils déroulent une histoire fascinante.
C’est cet événement unique et méconnu qui a interpellé Benjamin Jung et Théo Meurisse, les deux documentaristes français réalisateurs de NSK : State in time.
DEUX FRANÇAIS MÈNENT L’ENQUÊTE
« Nous avons fait des recherches sur cet événement, et nous nous sommes rendu compte qu’il y avait très peu d’informations sur le sujet, à part un entrefilet sur la page Wikipedia du Neue Slowenische Kunst », nous confie Théo Meurisse. Les deux jeunes journalistes décident alors de « tirer sur le fil », et ils déroulent une histoire fascinante. « Nous étions tous les deux fans de Laibach depuis longtemps, et lorsqu’un ami musicien de Benjamin lui a parlé de cette histoire, nous avons voulu enquêter là-dessus. On a fait des recherches, mais tout s’est accéléré lorsque nous avons rencontré Ivan Novak, le leader de Laibach, avant le concert du groupe au Trabendo. Lorsqu’il a compris que nous étions intéressés, il nous a donné des contacts au NSK, et à chaque personne que nous rencontrions, nous repartions avec de plus en plus de contacts », poursuit-il.
L’ensemble explosa avec le bloc soviétique, occasionnant le bain de sang que l’on connaît. Il n’existait donc pas de meilleur lieu où Laibach puisse interpréter leur disque NATO, sorti en 94, à l’occasion d’une tournée intitulée « Occupied Europe NATO Tour » (tournée de l’Europe occupée par l’OTAN).
L’aventure les mènera à Barcelone, en Suisse, à Ljubljana et bien évidemment en Bosnie, où les deux jeunes gens ont pu rencontrer plusieurs témoins de cet événement historique. « Nous avons rencontré plusieurs personnes présentes à ces concerts. L’un était un soldat, qui défendait la ville, une autre avait seize ans, et est depuis devenue professeur de musique ». Des destins qui se croisent dans une « petite histoire qui rencontre la grande ».
CHAOS POSTCOMMUNISTE
La Slovénie n’ayant obtenu son indépendance qu’en 1991, la situation bosniaque n’était pas étrangère aux membres de Laibach, groupe né l’année de la mort de Tito, le dictateur qui avait réussi à unifier des peuples ennemis en gommant les différences nationales et en créant de toutes pièces une langue, le serbo-croate.
Lire aussi : Mettalica au stade de France, brutal et sentimental
L’ensemble explosa avec le bloc soviétique, occasionnant le bain de sang que l’on connaît. Il n’existait donc pas de meilleur lieu où Laibach puisse interpréter leur disque NATO, sorti en 94, à l’occasion d’une tournée intitulée « Occupied Europe NATO Tour » (tournée de l’Europe occupée par l’OTAN). Pour donner à leur documentaire davantage de relief, les deux compères mêlent interviews, images d’archives, mais aussi scènes de fiction où ils reconstituent avec brio l’ambiance de l’époque. Mission accomplie.
Alain Blanville
NSK : State In Time sera diffusé pour la première fois dans sa version définitive lors du NSK Rendez-vous, à Grenoble, le 18 mai. La projection sera suivie d’un débat entre les deux réalisateurs et Ivan Novak, de Laibach. Nous ne savons encore quand le DVD sera disponible.
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





