La grande plaie actuelle du cinéma fantastique, c’est sans doute cette génération de petits malins qui maquillent leurs films d’exploitation avec des ambitions auteurisantes – voir en France les navrants Just Philippot (La Nuée) et Julia Ducournau (Titane). Comme si, aujourd’hui, on n’assumait plus de faire du « genre » sans se doter d’une caution artistique supplémentaire, celle d’un cinéma d’auteur insipide qui ne fait plus bander que les créanciers du CNC. Le réalisateur islandais Valdimar Jóhannsson s’inscrit hélas dans cette tendance.
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Son argument de départ (un couple de fermiers isolés dans la montagne découvre un nourrisson à tête d’agneau) aurait pu donner lieu à une série B provocante, voir à un petit brûlot déviant du type « Eraserhead chez les bouseux ». C’était sans compter la frilosité du réalisateur qui ne prend jamais son sujet à bras le corps, oublie complètement de diriger ses acteurs (la pauvre Noomi Rapace a rarement été aussi absente) et se perd dans des scènes qu’il voudrait contemplatives mais qui sont surtout incroyablement creuses. L’écriture n’est pas en reste : jamais on ne comprend ce qui motive ces personnages de papier, et encore moins la « créature », qui ne parvient ni à toucher ni à déranger. Pire, elle fait sombrer le film dans le ridicule à plusieurs reprises. Un ratage presque total.
Lamb (1h46), de Valdimar Johannsson, avec Noomi Rapace, Hilmir Snær Gudnason, Björn Hlynur Haraldsson, en salle le 29 décembre





