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L’antisémitisme, le meilleur ennemi de Mr Corbyn

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Publié le

25 mars 2019

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Le Royaume-Uni n’est pas épargné par le regain d’antisémitisme en Europe. Cela touche particulièrement le parti travailliste, premier parti d’opposition qui sera peut-être de retour aux affaires dans les mois qui viennent. Sous couvert d’antisionisme et de lutte des classes, le Labour de Jeremy Corbyn est travaillé en profondeur par la haine des juifs. Une biographie paraît à son sujet, dont le titre est sans ambiguïté : A dangerous hero.

 

En 2014, lors d’un déplacement en Tunisie, Jeremy Corbyn est vu à un hommage aux terroristes palestiniens du groupe « Septembre Noir », responsables de l’attentat de Munich en 1972. Sous le feu des critiques de Benjamin Netanyahou, en août 2018 il déclare qu’il était bien présent mais n’a pas participé à la cérémonie.

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Fragments de France

 

En réalité, le leader travailliste n’a jamais fait mystère de son soutien à la « cause palestinienne ». Au Parlement, il n’hésite pas à affirmer que certains discours de ses collègues sont dictés par l’ambassadeur d’Israël en personne et demande une enquête parlementaire sur l’influence d’Israël dans la vie politique britannique. Jezza, c’est son surnom, est-il un adepte du double discours, le roi de « l’understatement »?

Pour éteindre la polémique, il fait adopter par son parti les 11 points de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste, et admet qu’il y a un vrai problème au parti travailliste. Il fait réintégrer, après de légères excuses, la député Naz Sha qui avait proposé comme solution au conflit palestinien de relocaliser Israël aux États-Unis.

 

 

Elle est d’ailleurs réélue haut la main dans sa circonscription en 2017. Encore récemment le Sunday Times révélait 2 000 exemples de contenu à caractère violent, raciste, antisémite et négationniste dans divers groupes « non-officiels » des supporteurs de Corbyn.

Enfin le 2 novembre 2018, la police métropolitaine de Londres ouvre une enquête après les révélations de la Radio LBC, qui a recensé 45 cas de commentaires antisémites de la part de membres du Labour, comme celui-ci: « Nous nous débarrasserons des juifs qui sont un cancer pour nous tous ». Bref, rien n’est réglé.

 

Des cadres antisémitismes

 

Si des sondages montrent qu’il n’y a pas plus d’antisémitisme au Labour que dans les autres partis, force est de constater que ces dérives proviennent des cadres du parti. La Baronne Deech, membre de la Chambre des Lords, expliquait en 2016 que « trop de politiciens travaillistes ont adopté par lâcheté l’antisémitisme et la diabolisation d’Israël pensant que cela leur rapporterait le vote des musulmans britanniques, plutôt que de résister aux préjugés existant dans cette communauté ».

 

 

Une biographie au vitriol, de la plume du redoutable journaliste d’investigation Tom Bower, vient justement de sortir. L’auteur a quelques raisons de s’inquiéter: ses parents d’origines juives ont fui les nazis en 1939. Le jeune Corbyn y est présenté comme un gauchiste fanatique et complexé qui aurait inventé un engagement de son père au côté des Républicains espagnols.

 

Le jeune Corbyn y est présenté comme un gauchiste fanatique et complexé qui aurait inventé un engagement de son père au côté des Républicains espagnols

 

Ses débuts politiques se résument à des périples estivaux en camping-car dans les pays de l’Est à chanter la gloire de l’IRA, la branche armée du Sinn Fein… Trotskiste et ancien militant d’Amnesty International, Corbyn a, selon Bower, le même mode opératoire depuis 40 ans. Prétendu chevalier blanc, le « good guy » serait en réalité un adepte des coups fourrés avec des groupes ultras pour intimider ses adversaires.

 

Lire aussi : L’édito monde de Hadrien Desuin : Hé oh, la gauche européenne ?

 

Avec la cause palestinienne, il a réussi à faire partir de nombreux cadres sociaux-démocrates de l’ère Tony Blair. L’antisémitisme au Labour n’est pas un vrai problème pour Corbyn, ce serait plutôt une stratégie de conquête. ? P.G.Warlock

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