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L’argent de la culture : le nerf de la propagande

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Publié le

22 mars 2024

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La culture est sans doute l’activité la plus encadrée et subventionnée par l’État, un cadre dont la gauche a pris le contrôle dès le Front populaire. Désormais, au nom de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), ces efforts d’endoctrinement sont relayés par le mécénat des grandes entreprises, quand les grands studios américains importent, avec leur puissance de frappe l’idéologie woke. Et c’est ainsi que de France Inter à Disney, l’or finit toujours en plomb progressiste pour les cervelles disponibles.
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Pascal Ory, dans La Belle Illusion. Culture et politique sous le signe du Front populaire (Plon, 1994) raconte comment l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1936 a provoqué un basculement et fait apparaître la notion même de « culture ». Jusqu’alors, seuls les Beaux-Arts avaient droit de cité, et l’État se bornait à organiser des concours et distribuer des récompenses. À l’inverse, Léon Blum, Jean Zay (Éducation nationale) ou Léo Lagrange (Loisirs) ont orienté l’action publique en direction d’une culture populaire et de masse, encadrée et financée par l’État, une politique établie en convergence avec une nuée d’associations culturelles qui se sont créées en se réclamant du Front populaire. Enfin, les syndicats et partis politiques de gauche ont alors décidé d’accorder une importance stratégique à cette question culturelle. Radio, cinéma et télévision furent ainsi noyautés par les progressistes. 90 ans plus tard, la gauche maintient son hégémonie et verrouille les commissions.

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CNC : Des milliards d’argent public pour édifier les masses

Prenons l’exemple du Centre national de la cinématographie. Issu d’un besoin identifié par le Front populaire, il descend d’un organisme crée en 1940 par les socialistes de Vichy. En 1955, ses premières commissions furent créées pour distinguer les « films de qualité ». La CGT obtint que leur nomination soit libre, et la gauche les noyauta. En 2024, le CNC dispose de 54 commissions, qui réunissent un peu plus de mille membres titulaires pour décider de l’attribution des aides. Les mandats sont de trois ans reconductibles une fois. Sur trente ans, il y a donc eu six mille membres et à 250 millions par an, le total cumulé des aides directes du CNC représente l’équivalent de 7,5 milliards d’euros. Avec les aides indirectes, le soutien public est plus proche de 500 millions par an. En outre, le CNC permet d’obtenir les autres financements nécessaires à la production d’un film, qui pèsent 80 % du total. Par conséquent, six mille personnes ont décidé du sort de plus de 37 milliards d’euros en trente ans, dont 15 milliards d’aides publiques. Sans elles, il s’avère impossible de financer un film.

Prenons l’exemple du Centre national de la cinématographie. Issu d’un besoin identifié par le Front populaire, il descend d’un organisme crée en 1940 par les socialistes de Vichy.

Or, ces personnes sont majoritairement de gauche. Prenons par exemple la commission des aides « images de la diversité », qui finance des œuvres en faveur du Grand Remplacement : son président est né en Algérie, sa première vice-présidente est une Martiniquaise qui se plaint du racisme du cinéma et parmi ses membres se trouve un chercheur pour qui l’État et la police sont responsables de la ghettoïsation des banlieues. Cette commission a dépensé 35 millions depuis 2007. Dans les autres commissions, c’est du même acabit. Même la Cour des Comptes, dans son rapport de septembre 2023 sur le CNC, a relevé que « certains fonctionnements collégiaux sont difficilement évitables (tels qu’un traitement favorable réservé aux dossiers présentés par des membres, […] ou des choix très consensuels) ».

RSE : COMMENT LE MÉCÉNAT PRIVÉ SUBVENTIONNE LE PROGRESSISME

Avec l’émergence de la notion de Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), les sociétés ont réalisé qu’elles font face à des risques sociétaux. Respecter la loi ne suffit plus, il leur faut démontrer qu’elles prennent en compte les enjeux environnementaux, sociaux, économiques, éthiques, culturels et sociétaux dans leurs activités, afin d’éviter manifestations, boycotts ou procès. Les grandes entreprises occidentales se sont donc organisées pour répondre à cette pression, en grande partie exercée par la gauche. Prenons par exemple l’Opéra de Paris. Son budget annuel est de l’ordre de 220 millions d’euros. L’État ne lui versant « que » 100 millions de subventions, il doit aller chercher le reste dans la billetterie et le mécénat. Les deux premiers mécènes sont le cabinet de conseil EY – ex-Ernst & Young – (1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et 6 700 salariés pour la seule France) et l’entreprise de nettoyage PAPREC (2,5 milliards, 13 000 salariés).

Respecter la loi ne suffit plus, il leur faut démontrer qu’elles prennent en compte les enjeux environnementaux, sociaux, économiques, éthiques, culturels et sociétaux dans leurs activités, afin d’éviter manifestations, boycotts ou procès.

Comme l’a déclaré Alexander Neef, directeur général de l’Opéra dans Les Échos (Martine Robert, « EY depuis plus de 20 ans aux côtés de l’Opéra de Paris », 14 avril 2022) : « Les mécènes sont attachés au rôle patrimonial de l’Opéra de Paris mais aussi au fait qu’il soit en phase avec les grands débats sociétaux sur la diversité, l’inclusion… » Dans le même article, le président d’EY France, Éric Fourel, répondait : « Nous cherchons à être en symbiose avec les préoccupations sociétales. » Il est vrai que le rapport RSE 2023 d’EY comporte des chapitres entiers sur l’inclusion des LGBT ou des Africains. Il est dès lors logique que, lorsque l’Opéra de Paris a mis en place une discrimination raciale en faveur de non-blancs en 2021, sur la base d’un rapport co-écrit par Pap Ndiaye, aucun mécène ne s’en est offusqué.

Grands studios américains et néo-puritanisme

De leur côté les entreprises françaises du cinéma sont prises entre trois feux. D’un côté le CNC, dont nous avons vu qu’il est noyauté par des réseaux, a décidé que ses subventions seront désormais réservées aux producteurs qui appliqueront ses directives en matière d’environnement, de diversité et d’inclusion. De l’autre, pour se financer, ils doivent se tourner vers des acteurs qui sont entièrement livrés au phénomène RSE : banques, sociétés de financement du cinéma, fonds publics ou privés. S’il apparaît qu’un scénario sorte de l’ordinaire lieu commun progressiste, il risque donc fort d’être mis à l’index. Le troisième feu provient des géants américains du divertissement. Edward Jay Esptein (« Comment Hollywood se fait financer par les Européens », Courrier International, 8 juin 2005) ou Claude Forest (Économies contemporaines du cinéma en Europe : l’improbable industrie, CNRS Éditions, 2001) ont démontré tous deux comment les États-Unis dominaient le marché européen du cinéma, tandis que les grands studios bâtissent des projets de films qui ne peuvent couvrir leurs coûts sur le seul marché américain.

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Ayant un besoin vital de l’exportation, elles se préfinancent via les télévisions et les plateformes du monde entier, tirant au maximum parti de toutes les aides publiques ou niches fiscales du monde, à commencer par celles de la France. Or, ces énormes conglomérats (le chiffre d’affaires de Disney est 35 fois plus important que celui du groupe TF1) ont une pratique des affaires très empreintes du puritanisme de leur temps. Des termes techniques, des clauses contractuelles, des méthodes de travail sont ainsi importés, drainant encore chez nous le politiquement correct et le wokisme yankees. Pour être coproduit par Netflix, Warner ou Disney, il est impératif d’adopter un code des valeurs américaines, lequel est peu ou prou identique à celui du CNC. Et ainsi la boucle est bouclée, étranglant au passage toute réelle liberté artistique.

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