Émeutes, insurrection, razzias : comment qualifiez-vous les événements qui ont secoué la France ce samedi 17 octobre ?
Dans mon livre Guérilla, anticipation de l’effondrement de la France, écrit il y a dix ans, je parlais ironiquement de « Très-bien-vivre-ensemble », l’idéologie tentant désespérément de digérer un réel de plus en plus manifeste. Ce multi-séparatisme existe depuis longtemps, mais ses éruptions sont de plus en plus fortes et régulières.
L’État a fait preuve de son impuissance à endiguer la violence. Comment expliquez-vous ce fiasco du maintien de l’ordre ?
L’habitude de faire des phrases plutôt que d’agir. Le renseignement largement démantelé. Certains pensent que tout est calculé, je pense plutôt qu’ils sont mauvais, et se contentent comme toujours de discourir sur les événements qui les dépassent. Aussi, cette doctrine de la bavure zéro qui remonte à Sarkozy coûte très cher aux policiers, tenus d’encaisser en ripostant le moins possible. En clair, on les sacrifie à la paix sociale, ladite paix sociale étant une sorte de volcan capricieux.
Ces émeutes révèlent-elles que la violence est devenue un moyen efficace de défier l’État sans en payer le prix ?
Oui, je le dénonce depuis longtemps, et on le voit très clairement : l’impunité des émeutiers leur permet d’agir à découvert, de le revendiquer sur les réseaux sociaux. Incapable de désavouer sa politique qu’on peut résumer à une fabrique active du chaos, l’État préfèrera faire pression sur ceux qui le dénoncent, notamment en régulant l’expression.
Vous décrivez une France où le citoyen ordinaire redoute davantage l’administration que le délinquant ne redoute la justice. Comment l’État en est-il arrivé à être intraitable avec ceux qui obéissent et impuissant face à ceux qui le défient ?
Il préfère se concentrer sur les populations réceptives et dociles, celles dont sa survie dépend. Il craint trop l’embrasement pour s’en prendre fermement aux barbares, car il sait que de telles publicités sont mauvaises ; la population docile finit par se demander pourquoi elle paye tant d’impôts, et pourquoi elle seule est tenue de remplir sa part du fameux « contrat social », dont la sécurité – comme le contrôle des frontières – sont théoriquement les bases essentielles.
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Derrière les émeutes plane l’ombre de Jean-Luc Mélenchon. Comment décryptez-vous sa stratégie ?
Je ne crois pas qu’il soit un si brillant stratège qu’on l’entend parfois : après des décennies de pantouflage, il a senti son filon radical, il creuse en suivant la veine, quitte à vendre le pays à sa petite boutique.
Il doit pressentir qu’il sera vite débordé par la Nouvelle France, qui exigera rapidement des leaders à son image, comme le maire de Saint-Denis. Mais l’avenir du pays n’a jamais préoccupé ce monsieur, qui hait plus que tout le fait d’être né Français, au point de rêver d’un pays devenu étranger.
Dans votre livre, vous affirmez que la violence est aussi une affaire de domination et de réputation. Les émeutiers cherchent-ils à se faire entendre, à humilier la police et/ou à imposer leur loi ?
Parmi eux, tout ce qui brave la loi et l’ordre offre un certain crédit social. Le pilleur, le trafiquant, le chaud des cités seront reconnus par leurs pairs, jugés « crédibles », pour reprendre leur langage. Dans ce monde, le casier judiciaire tient lieu de CV. On existe dans ce monde à travers son « capital guerrier », pour reprendre l’expression de Thomas Sauvadet. C’est aussi une façon pour les petits Blancs de s’assimiler à la Nouvelle France.
Dans quelle mesure la justice est-elle responsable de ce chaos ?
Dans la sous-application rigoureuse du Code pénal. L’inertie d’une justice adaptée à la France des années 60, incapable de répliquer à l’ultraviolence nouvelle. En effet, il n’y a pas assez de places en prison. Pour en faire, il conviendrait d’expulser massivement les délinquants et criminels étrangers, et de cesser de les importer par centaines de milliers.
Que faut-il faire des pilleurs ?
Ils agissent parce qu’ils se sentent archi-gagnants : le risque est minime d’écoper de quoi que ce soit, avec l’effet de masse. Donc il semble indiqué de les traquer et de les persécuter, leur faire payer leurs dégâts jusqu’au dernier centime, et de sanctionner sérieusement le vol, si banalisé par les médias et la justice. Nulle société n’est viable sans cela.
Vous critiquez aussi les dirigeants de droite qui promettent le retour de l’ordre. Un gouvernement RN pourrait-il réellement reprendre le contrôle, ou finirait-il par reculer devant les mêmes obstacles ?
En général, ceux qui promettent le retour de l’ordre n’envisagent que davantage de policiers, de caméras, de contrôles, de moyens, alors que le problème est d’abord migratoire et judiciaire. Évidemment, si la doctrine du maintien de l’ordre évoluait, les choses pourraient être contenues. Mais sans traiter le problème à la racine, on ne fera que doper la prochaine éruption.
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Quelles sont les trois décisions que devrait prendre immédiatement un ministre de l’Intérieur décidé à reprendre les choses en main ?
La suspension immédiate de l’immigration en provenance des pays dont les ressortissants sont surreprésentés dans la délinquance et la criminalité.
L’expulsion de 100 % des irréguliers, de tous les délinquants et criminels étrangers. Une directive publique donnant aux policiers et gendarmes l’ordre de neutraliser ceux qui tentent de les agresser, dans un contexte d’émeutes, avec des armes par destination. Ce serait un bon début.
Vous dénoncez une société qui a désappris à se défendre. Faut-il élargir considérablement la légitime défense et permettre aux citoyens de s’armer ?
Oui, je le crois depuis longtemps. Les citoyens n’ont pas à subir la double peine d’un État coûteux et défaillant, et de cette barbarie tiers-mondisée qu’il n’a jamais voulue sur son sol. Que chaque commerçant puisse défendre ses biens, sans craindre de se retrouver sur le banc des accusés. De quoi tempérer considérablement les ardeurs des pilleurs. Ce ne sera plus un jeu,
et ceux qui tentent encore leur chance en assumeront les conséquences.
Comment éviter que l’impuissance de l’État ne conduise à la justice privée ?
Seul l’État a la réponse : s’il reste faible avec la rue, le citoyen ne pourra qu’en tirer les conclusions : soit il reste à la merci des aléas du chaos, soit il prend ses dispositions. La loi prévoit déjà la défense légitime en cas d’absence d’intervention de l’État. Il faut selon moi élargir considérablement ce cadre, en révisant largement la notion de « proportionnalité », afin que le risque change de camp.
Faut-il craindre que ce type d’événements se reproduise pendant toute la présidentielle ?
Et après ?
C’est possible. Mais cette élection, en présumant quelque peu de son résultat, pourrait enclencher une certaine dynamique de retour au sens commun, qui se traduirait notamment sur le terrain, par un retour plus intransigeant de l’ordre public. Encore une fois, ce ne serait qu’une première étape vers la neutralisation des éléments de sédition, qu’ils soient dans les quartiers ou dans les facultés.




