Andy Ngo, l’ennemi juré des antifas, est un homme calme, probe et courtois. Pourquoi décida-t-il d’enquêter sur ces black blocs au front bas, à Portland (Oregon), sa ville natale ? Début de réponse dans la postface de son premier livre (Démasqués : Infiltré au cœur du programme antifa de destruction de la démocratie) où il raconte l’épopée de ses parents boat people. 1975, Saïgon tombe aux mains des communistes. Rééducation, travail forcé… Après plusieurs évasions ratées, ils se rencontreront dans un camp de réfugiés sur l’archipel de Riau en pleine mer de Chine. En 1979, ils obtiennent l’asile aux États-Unis. Andy naît en 1987.
Son attachement au pays d’accueil de ses parents fonde son travail d’enquête sur les vandales antifas. Démasqués fut un best-seller. Belle revanche contre ceux qui veulent sa peau. Le 29 juin 2019, alors qu’il couvre une manifestation d’extrême gauche, six activistes antifas lui tombent dessus. Il se relèvera de son hémorragie cérébrale après six mois de rééducation. Il demande alors une protection pour sa mère fleuriste, désormais veuve, que les antifas au grand cœur sont venus intimider la nuit. Quant à lui, il est contraint de s’exiler.
Andy émigre à Londres fin 2020. Il fuit mais poursuit son œuvre. Il vient de publier The Zizians : inside a trans death cult (Les Zizians : une secte transgenre mortifère). Les Zizians sont un groupe de garçons nés dans les années 1990 dont le chef de file aujourd’hui écroué est Jack LaSota, alias Ziz. Tous sont des génies en mathématiques, passés par Google ou la NASA. Ils sont geeks, d’extrême gauche, végans militants, autistes, et se prennent pour des femmes. La secte a semé la mort d’abord en son sein avec le suicide de deux de ses membres. Ils ont abattu un agent de la police des frontières dans le Vermont. Lors de l’échange de tirs, l’un des leurs a été tué. Ils ont égorgé un octogénaire en Californie qui, en se défendant, a tiré sur un des leurs. Enfin, les parents adoptifs de la seule femme du groupe ont été exécutés chacun d’une balle dans la tête. Total : huit morts.
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Le livre de Ngo décrit l’écosystème du rationalisme contemporain, ce mouvement qui réunit start-uppers et ingénieurs rêvant d’améliorer le monde à coups d’algorithmes, mais inquiets de la menace existentielle de l’intelligence artificielle. Les Zizians poussent plus loin l’obsession. Convaincus de sauver l’humanité en éliminant ses éléments indésirables, ils s’engagent dans une spirale de violence à la Charles Manson. Ngo raconte les pudeurs de la presse qui n’ose couvrir le sujet de peur d’être taxée de transphobie, péché cardinal contemporain. Quand enfin, les cadavres s’accumulant, le New York Times ne peut plus se défausser, le journal titre : « Elle voulait sauver le monde de l’IA. Puis les tueries ont commencé. » Elle, c’est Jack LaSota, un homme de 34 ans…
Dans The Post Millennial, journal conservateur, et dans son Substack (Ngo Comment), Andy documente les violences d’extrême gauche. L’an dernier, Donald Trump l’a invité à témoigner à la Maison Blanche dans une table ronde sur le mouvement antifa. Son compte X relaie des vidéos de bagarres, émeutes, vandalisme.
Mais dans son appartement londonien : changement de décor. Andy est d’une élégance impeccable. Sa collection de services à thé décore le salon. Il cuisine des plats asiatiques parfumés. « J’ai la chance de bénéficier d’une double culture. Je suis bilingue et j’ai une bonne compréhension de la culture vietnamienne. J’y ai de la famille. » Il a aussi oncle et cousines en France. Et la vie en Angleterre ? « Londres ressemble à un musée vivant. J’ai l’impression d’y respirer les derniers effluves d’un passé glorieux. L’avenir du pays est sombre. » Quant à la menace antifa, selon Andy, c’est aux États-Unis qu’elle est la plus préoccupante : « Ils ont accès aux armes, ils recrutent sur internet. Ils sont préparés et motivés pour tuer. »




