Le décolleté contre le burkini, et la France s’affola…

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Les réseaux sociaux sont une manifestation quotidienne d’émerveillement et de bêtise mélangée qui, à l’approche de l’été, rejoint le militantisme communautariste.

 

 

En cette fin juin, une mode est née sur le réseau social Twitter : pour lutter contre le harcèlement de rue, des femmes de tout horizon (mais pas de toute religion) ont posté une photo de leurs décolletés plus ou moins plongeants. Tout cela, mais le lecteur ne peut en douter, pour affirmer leurs droits à s’habiller comme bon leur semble et proclamer haut et fort les droits de leur corps et de leur balcon plus ou moins occupé selon les morphologies inégales de chacune (maudite nature injuste). Les réactions n’ont pas manqué de fleurir « Pute, salope, mécréante… » Les quolibets plus fleuris qu’une pergola de retraitée niçoise ont donc provoqué l’indignation de certains et le silence gêné (et gênant) de nos habituelles chiennes de garde dont les aboiements ont évidemment été étouffés pour ne pas faire le jeu des bruits de bottes.

 

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De l’autre côté de la matrice, une piscine grenobloise a été forcée par des jeunes femmes en burkini rappelant le droit du corps à disposer de ses vêtements, déchainant une tempête de réactions aussi imagées qu’un dessin de Marsault appelant qui à la remigration à Babouchland, qui la violation des valeurs de la République aussi incarnées qu’un discours de Jean-Marc Ayrault sous Lexomil. Et évidemment dans le silence gêné (et gênant) de nos habituelles chiennes de garde dont les aboiements ont évidemment été étouffés pour ne pas faire le jeu des bruits de bottes.

La femme occidentale, persuadée de porter sur ses frêles épaules le poids de dix mille ans d’injustice anthropologique veut devenir le centre des débats.

Aucun point commun dans ces deux anecdotes si ce n’est qu’elles obéissent à un même tenant identique : la féminisation des enjeux de société. La femme devient celle par qui le scandale commence. La femme occidentale, persuadée de porter sur ses frêles épaules le poids de dix mille ans d’injustice anthropologique veut devenir le centre des débats. Exit la pensée, place à l’exhibition. Yann Moix affirme ne pas être attiré par des femmes de cinquante ans ? La journaliste Colombe Schneck envoie une photo de son fessier.

 

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La femme est peu représentée dans les milieux culturels, focus de tous les médias sur telle artiste déclinant clitoris et vagins de toute taille et de toute forme en pâte à sel ou à la gouache ? Certaines femmes se sentent exclues des sorties scolaires en raison d’une loi sur la laïcité ? Manif, gesticulations et déclarations émouvantes de sororité qui ne parlera qu’à celles qui depuis l’axe Charonne-Marais-Saint Germain des Prés leurs enverront leurs soutiens empressés tout en soutenant le énième plan de lutte de Marlène Schiappa (entendez par là un tweet et une affiche bricolée en 45min sur logiciel) sans évidemment émettre le moindre lien de corrélation. Tout comme celles qui posent des photos de leurs décolletés ne feront jamais de liens entre leur soudain besoin d’exhiber leur corps en toute liberté et l’origine des agressions qu’elles subissent au quotidien.

 

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A vrai dire, la clique féministe n’est obsédée que par sa représentativité et l’image de la femme qu’elle perçoit dans les yeux de l’homme. Si on était taquin, on dirait que finalement la femme reste une femme, rien ne change hormis l’acharnement de Madame à obliger Monsieur à l’aimer pour ce qu’elle croit être et non pour ce qu’elle est. Et tout le reste est oublié ? En témoigne cette superbe interview de Sylvain Tesson accordée au JDD  : « Je n’ai aucune honte à être qui je suis. J’aime mes aïeux issus de la diversité : Berry, Picardie, Vendée. Je suis un mâle de près de 50 ans, amoureux de l’autre » (c’est-à-dire des femmes). Là-dessus, réaction de Elisabeth Philippe, journaliste littéraire au Nouvel Obs, passée par Paris Match, les Inrocks, VanityFair et France Culture (combo gagnant) : « Point super mascu atteint ».

A quoi bon pétrir des clitoris en pâte à sel lorsqu’on milite pour l’accueil de ceux qui les arrachent au
sexe de leurs gamines ?

Foin de l’écrivain, de l’intellectuel, du voyageur et de l’intelligence du bonhomme. Sylvain Tesson est un homme blanc enraciné. Il est donc criminel. Bien davantage que ceux qui voilent, agressent et excisent.

 

A quoi bon pétrir des clitoris en pâte à sel lorsqu’on milite pour l’accueil de ceux qui les arrachent au sexe de leurs gamines ?

 

 

M-E

 

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