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Le Messager : conte cruel de la jeunesse

Une rétrospective à la Cinémathèque française permet de redécouvrir un chef d’œuvre de Losey resté longtemps invisible, Le Messager. Une fable initiatique et cruelle qui prouve si besoin était l’incomparable talent de mise en scène du réalisateur américain exilé en Angleterre.

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© Le Messager

Joseph Losey est un cas à part : cinéaste américain pris pour un Britannique toute sa vie, communiste de la vieille école qu’on assimila souvent à un talon rouge, cet originaire du Wisconsin, élevé au grain, a pourtant fuit le Maccarthysme et trouvé en Angleterre son port d’attache. Plastiquement assez proche d’un Powell ou d’un Clayton, sa filmographie est émaillée de chefs-d’œuvre tous consacrés peu ou prou à un seul sujet : la lutte des classes. The Servant, joyau noir multi-commenté et adulé par de nombreux réalisateurs, est à ce titre la pierre d’angle de son œuvre. On peut voir Le Messager, chronique enfantine plus amère que douce, comme une sorte de variation sur ce thème. Avec en prime une réflexion sur la toxicité des rapports trop normés, ou comment l’aristocratie et la grande bourgeoisie se nourrissent des rêves et des pulsions des petites gens.

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Leo (Dominic Guard, qu’on verra adulte dans le sublime Pique-Nique à Hanging Rock de Peter Weir) est un garçon de 13 ans qui est invité par un camarade de classe à passer l’été chez ses parents. Ces derniers, richissimes, habitent un domaine magnifique situé dans le Norfolk, région côtière luxuriante qui s’étend sur la pointe septentrionale de l’Angleterre. Issu d’une classe moyenne, Leo aura faire au cœur d’un été brûlant passé à observer les mœurs complexes et étranges de cette famille d’un autre siècle. Un été brûlant dans tous les sens du terme, puisque le garçonnet servira bientôt de passeur de mots doux entre Marian, la délicate aînée de la famille (Julie Christie, tout en retenue et en ambiguïté) et le métayer du domaine, un fier agriculteur aux manières brusques et au regard sombre. Une relation évidemment tout à fait secrète et interdite : Marian est déjà promise à un riche héritier qui partage ses cigares et ses parties de cricket avec le patriarche. Le jeune garçon se voit bientôt affublé du surnom de « Mercure » par ses commanditaires et sera au centre d’un cuisant drame familial. [...]

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