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Charlotte d’Ornellas : Histoire d’O

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Publié le

17 mai 2018

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Être Jeanne d’Arc à 16 ans, étudier la philosophie thomiste, commencer à Boulevard Voltaire et finir à CNews. Ne rien lâcher. Nous avons rencontré Charlotte d’Ornellas, qui continue de défendre en toute occasion ses convictions avec talent et fermeté.

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Orléans, 2002. Une jeune guide d’Europe est désignée pour incarner Jeanne d’Arc durant les fêtes johanniques. Brune, les prunelles cuivrées et le sourire mutin, la jeune Charlotte d’Ornellas est heureuse et pleine de gravité. Acclamée partout dans la ville, elle s’entend en même temps répéter comme un memento mori que « c’est Jeanne qu’on admire à travers elle ». Même si elle ne sait pas encore ce qu’elle fera plus tard, elle sait qu’elle restera fidèle à ce modèle de courage et d’espérance. 16 ans plus tard, Charlotte a 32 ans. Elle fait l’admiration du public lors de ses interventions sur les nombreux plateaux télé où elle porte la contradiction avec humour aux évêques Cauchon et autres dresseurs de bûchers médiatiques. Sa sincérité détonne dans un milieu de bienveillante indifférence : « C’est fou, on dirait que vous croyez en ce que vous dites! », entend-elle un jour en coulisses. Elle désarme, aussi. « Beaucoup de gens à droite essayent en vain de se cacher. Moi non, je dis ce que je pense. Cette simplicité désamorce bien des hostilités ».

Comment la jeune Orléanaise est-elle devenue la journaliste accomplie que nous rencontrons avenue Marceau, près de ses bureaux de Valeurs Actuelles ? « Cela va vous surprendre, mais j’ai toujours voulu devenir institutrice. J’hérite peut-être cela de ma mère, qui était institutrice à Orléans ? J’ai passé un bac scientifique avec en tête l’idée de faire une classe préparatoire ». C’est finalement à l’occasion d’un week-end d’initiation à la philosophie, auquel l’invite une amie, qu’elle se rend compte que la matière la passionne. Elle se décide alors pour l’Institut Catholique de Philosophie, qui lui fera découvrir, entre autres, Aristote et saint Thomas.

« Contrairement à beaucoup de gens à droite, j’avoue très facilement qui je suis. »

« Ce fut une véritable école d’humilité. Là-bas, j’ai appris à lire, à penser. Si j’avais su que la philosophie m’aiderait autant dans mon travail, j’aurais étudié encore davantage ! » La journaliste relit encore la Somme théologique aujourd’hui : « A priori, il n’y a pas de réponse à la grève des cheminots là-dedans. Mais en fait si, tout y est ». C’est un conseiller d’orientation qui lui suggérera de « faire de la métaphysique ou du journalisme », parce que selon lui, elle risquerait de s’ennuyer en primaire. Le journalisme lui semble un bon compromis entre « ce besoin de variété et son désir de transmettre ». La crise de la presse l’effraie-t-elle ? « La médiocrité de la presse est d’abord celle de l’époque. C’est un métier de la transmission. Sans transcendance, soumis à l’instantané, mis à l’horizontal et en continu, le journalisme fait de la communication ». Qu’il s’agisse de la télévision ou des réseaux sociaux, la journaliste défend l’idée « qu’il faut habiter son époque », sans se priver de « remettre Twitter à sa place ».

 

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« Il faut civiliser la modernité, comme le dit très justement Mathieu Bock-Côté. » Préserver notre art de vivre, nos coutumes, « ne pas être dupes de ces maux que l’on nous présente comme des biens, et qui causent de vrais souffrances : les divorces, les discours nihilistes, les illusions de l’utopie multiculturelle ». Mais que l’on ne se méprenne pas : la jeune femme ne se complaît pas dans un prétendu repli identitaire. Elle souhaite surtout à son époque d’être plus paisible. Au Liban, où elle se rend régulièrement, la journaliste a l’impression paradoxale de « rentrer à la maison »: « Les Libanais ne vivent pas dans une société parfaite mais sur tous les points qui cristallisent nos angoisses, ils sont apaisés. Chez eux, l’homme est à sa place. Tandis que nous, nous passons notre temps à nous demander, dans la plus grande confusion, qui nous sommes et à quoi nous croyons ». Le principal danger qui guette la droite, selon notre journaliste, qui a plus d’estime pour la droite philosophique que pour les stratégies partisanes ? « Le réel donne raison à la droite. Il ne faudrait pas qu’elle en tire prétexte pour s’engouffrer dans l’idéologie ». Son remède ? « L’honnêteté. Et l’espérance. »

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