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Le pape François invente le Pacs ecclésial

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10 janvier 2024

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Le Dicastère pour la Doctrine de la foi a publié le 18 décembre Fiducia supplicans, qui pour la première fois admet la possibilité d’une bénédiction encadrée de l’Église pour des couples de même sexe ou en situation dite « irrégulière ». Un petit pas de plus pour faire accepter par la majorité une subversion de l’ordre humain naturel, selon le philosophe Thibaud Collin.
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Quelle n’a pas été la stupeur de nombre de catholiques en découvrant le 18 décembre la déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la foi Fiducia supplicans concernant la bénédiction des couples en situation irrégulière, et au premier chef des couples homosexuels ! Dans un texte de haute sophistication, le cardinal Fernandez, cet Argentin proche du pape et nouvellement nommé à la tête de l’ex Saint-Office, autorise la bénédiction « non liturgique » des couples de même sexe. Il convient de citer le passage clef pour ne pas penser que l’on est devant une fake news : dorénavant, « il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage.

Lire aussi : Le pape François contre la liturgie traditionnelle

Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui- même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint. Ces formes de bénédiction expriment une supplication à Dieu pour qu’il accorde les aides qui proviennent des impulsions de son Esprit – que la théologie classique appelle “grâces actuelles” – afin que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Évangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités et s’exprimer dans la dimension toujours plus grande de l’amour divin » (n° 31).

Ce texte est un modèle d’argumentation jésuitique. D’un côté, il rappelle que pour l’Église catholique, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme qui se choisissent mutuellement pour la vie selon le dessein du Créateur et que le mariage est dès lors l’unique « lieu » dans lequel peut se comprendre l’union sexuelle entre deux personnes humaines. D’un autre côté, il légitime le fait qu’un prêtre puisse bénir un couple adultérin ou de même sexe, ce qui est strictement contradictoire avec le principe énoncé quelques lignes plus haut. En effet, comment peut-on imaginer que Dieu puisse bénir un « couple » de même sexe alors même que le fondement du couple pour la doctrine chrétienne est le mariage ? Admettons que Dieu puisse dire du bien d’une relation entre deux personnes de même sexe, il ne pourra bénir que ce qui n’est pas peccamineux et désordonné dans une telle relation, à savoir l’entraide, la bienveillance mutuelle, etc – autrement dit ce que l’on appelle habituellement l’amitié. Or une amitié n’a jamais fondé un couple.

Lire aussi : Le pape François, l’homosexualité et le lobby LGBT

Il faut donc conclure que par ce texte, le cardinal Fernandez, avec l’approbation explicite du pape François, accepte de facto de reconnaître qu’il y a une forme de conjugalité homosexuelle. Telle a été la stratégie du lobby homosexuel dans les pays occidentaux dès les années 1990 : la méthode du cliquet. Une fois que vous avez fait reconnaître par la loi qu’il y a une conjugalité homosexuelle, vous créez ipso facto une discrimination entre deux sortes de couples, ceux qui peuvent se marier et ceux qui n’en ont pas le droit. Or la logique de la lutte contre la discrimination exige l’égalité de traitement. Donc les couples de même sexe doivent pouvoir se marier comme les couples « hétérosexuels ». Le PACS ne pouvait qu’appeler à l’ouverture du mariage civil. Le puissant lobby gay ecclésial, dont l’un des chefs est le jésuite James Martin, choyé par le pape François qui l’a nommé membre du synode « sur l’avenir de l’Église », met en pratique la même méthode, celle « des petits pas » pour faire accepter par la majorité une subversion de l’ordre humain naturel. À quelques jours de Noël le pape François a plongé l’Église dans une crise inédite dont les effets sont imprévisibles.

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