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Le pays de la violence : notre critique

Les années 60, l’Amérique profonde, une société pas tout à fait remise de la Grande Dépression ; c’est ce que nous donne à voir John Frankenheimer dans Le pays de la violence. Un film méconnu que Sidonis Calysta a eu la bonne idée de rééditer. Plongée dans l’Amérique des laissés pour compte.

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John Frankenheimer n’est pas un cinéaste à la mode. Pire, il est un cinéaste souvent oublié, à cheval entre les époques, en l’occurrence les années 60 et 70. Bien moins connu que les moviebrats des années 70’s – Coppola, de Palma, Scorcese, Friedkin, etc. – il n’en demeure pas moins qu’il reste l’un des réalisateurs majeurs des années 60, époque durant laquelle il réalisa certains de ses meilleurs films, notamment sa « trilogie de la paranoïa » constituée de Un crime dans la tête (1962), Sept jours en mai (1964) et Seconds (1966).

A la fin des années 1960, il est au sommet de sa carrière. En 1970, il réalise L’année de la violence (I walk the line pour le titre original). D’une mise en scène très sobre, presque classique, il filme l’Amérique profonde, une région du Tennessee qui est restée figée au lendemain de la Grande Dépression. La scène d’ouverture, le passage d’une voiture d’un shériff, sur la musique entêtante de Johnny Cash, devant des maisons vétustes habitées par des gens immobiles, fossilisés, est une plongée immédiate dans ce territoire inhospitalier, où tout s’est arrêté.

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Le shériff, donc, incarné par Grégory Peck, lutte contre les distilleries clandestines dans la région. Alors qu’il procède à un contrôle routier, il s’éprend d’Alma McBain, incarnée par la charmante Tuesday Weld. Subjugué par sa beauté, mais surtout par la promesse d’une vie plus trépidante que pourrait lui offrir la jeune fille, il ferme les yeux sur les affaires louches qu’elle mène avec sa famille.

Le sujet du film, ce sont les rêves que l’on entretient et qui nous poussent à agir, parfois à transgresser. Dans l’ennui que filme John Frankenheimer, l’ennui de l’Amérique profonde, de la vie conjugale, des rednecks, d’une vie corsetée et routinière, Alma McBain, représente ce rêve d’une vie différente, chaleureuse et aventurière. Un rêve à portée de main, mais pourtant impalpable. Frankenheimer offre une vision parfaitement mélancolique de ce désir d’ailleurs, de cet espoir d’une vie meilleure qui se fracasse sur le concret de la vie quotidienne.

Avec Le pays de la violence, Frankenheimer ouvre, à sa manière, les années 70, celles du questionnement et du retour sur soi. D’un tempérament tragique et fataliste, il montre avec ce film, que la décennie qui s’ouvre, si elle est pleine de promesses, est aussi celle des illusions perdues.

Le Pays de la violence de John Frankenheimer et réédité par Sidonis Calysta avec Gregory Peck, Tuesday Weld et Estelle Parsons. Sortie le 5 décembre 2020

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