L’agression en pleine classe d’une enseignante par un élève à Combs-la-Ville, ce vendredi 8 octobre, le tout filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux, constitue un scandale autant qu’une honte. Il s’agit d’un drame personnel pour la professeure qui a eu à subir cette violence et cette humiliation. Il s’agit aussi d’un drame pour notre nation, dans la mesure où nous ne sommes pas en présence d’un fait malheureux mais isolé, comme tente pourtant pitoyablement de le soutenir le rectorat, mais d’un phénomène répandu. Nous sommes confrontés à un avilissement de notre système éducatif livré aux agressions. Ce constat a été formulé, répété, dénoncé depuis de longues années, sans que nos gouvernants successifs et en dernier lieu monsieur Blanquer, ne parviennent à y mettre fin.
Au-delà de l’émotion qui nous remplit face à un tel acte, une question fondamentale se pose. Comment notre pays a-t-il pu en arriver là ? Comment la France, qui dépense des sommes gigantesques pour l’éducation, qui possède l’un des systèmes scolaires publics parmi les plus coûteux du monde, se retrouve-t-elle confrontée à un tel fiasco ?
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La réponse est largement connue. Notre école est prise en étau entre deux dérives insoutenables. D’une part et de manière globale, le laxisme pénal de notre justice engendre un sentiment d’impunité absolue de la petite délinquance, surtout pour les mineurs. L’auteur de l’agression sait pertinemment qu’il ne lui arrivera rien sur le plan répressif. Au mieux, il subira un simulacre de réprimande judiciaire, sans la moindre importance ni le moindre effet. D’autre part, concernant plus spécifiquement l’école, notre Éducation nationale est soumise depuis plus de quarante ans aux théories « pédagogistes » fumeuses issues d’une pensée gauchiste qui, au nom du principe permanent de l’excuse sociale et de la pratique systématique de la victimisation, s’avère incapable de réagir. L’auteur de l’agression et ses parents savent tout aussi pertinemment qu’une éventuelle décision disciplinaire d’exclusion de l’établissement ne représente rien car, immédiatement, une école voisine devra accueillir le problème et supporter les comportements de racaille qui saccagent la scolarité des autres élèves.
Soulignons que jamais les Français n’ont voté pour ce laxisme ou ce pédagogisme-là, qui leur sont imposés. Ils le subissent chaque jour car nos politiques estiment sur ces sujets, comme sur beaucoup d’autres, que la volonté populaire ne compte pas. Seul importe de se plier à l’idéologie permissive, afin de ne pas « faire de vague », pour paraître moderne, tolérant et tout pétri de valeurs pseudo humanistes, quitte à commettre un déni permanent de démocratie.
Face à cette nouvelle agression, le président devrait, s’il respectait a minima son peuple, avoir l’honnêteté intellectuelle d’avouer publiquement son impuissance face au triomphe des racailles à l’école
Certes, les problèmes ne sont pas nés avec l’arrivée au pouvoir du président Macron. Mais celui-ci, malgré ses engagements répétés et ses promesses tonitruantes, n’a rien résolu en quatre ans et demi de pouvoir. Or, pour tenter de se dédouaner de toute responsabilité, le gouvernement tient un double discours qui tourne au mensonge absolu. Il nous est expliqué à la fois que le gouvernement a déjà largement agi pour mettre fin à cette violence et qu’il va continuer par de nouvelles mesures fortes, mais que la solution prendra du temps à produire ses effets. Or si le gouvernement a déjà agi, alors il faut constater que ses actions constituent un échec patent puisque, comme chacun peut malheureusement l’observer, la situation s’aggrave. Si le gouvernement entend prendre de nouvelles mesures, pourquoi alors ne les a-t-il pas mises en œuvre beaucoup plus tôt et pourquoi avoir attendu quatre ans et demi pour les décider ? Enfin, si les solutions choisies par le gouvernement ne sont efficaces qu’à long terme, alors le ministre Blanquer doit déclarer, droit dans les yeux des citoyens, qu’il ne dispose dans l’immédiat d’aucune solution à proposer, et que les Français n’ont par conséquent qu’à baisser la tête et à supporter la situation.
Face à cette nouvelle agression révoltante, le président de la République devrait, s’il respectait a minima son peuple, avoir l’honnêteté intellectuelle d’avouer publiquement son impuissance face au triomphe des racailles à l’école. Il n’en fera rien. Et les professeurs continueront de subir encore longtemps insultes, menaces et violences avec, pour toute réponse gouvernementale, une capitulation maquillée en promesse de trouver des solutions à « horizon » 2050, ou pour l’an 3000.
?? FLASH – Le lycéen qui a agressé une enseignante de son lycée à #CombsLaVille a été condamné à 5 mois de prison avec sursis. (BFMTV) pic.twitter.com/GT8y71ihzq
— Mediavenir (@Mediavenir) October 13, 2021





