Sale temps pour les progressistes américains. Alors que la semaine dernière, le milliardaire Elon Musk a annoncé qu’il souhaitait racheter intégralement Twitter et que le wokisme était un « virus de l’esprit » en parlant de Netflix, c’est maintenant le géant Disney qui est dans le
viseur des conservateurs à cause de leur wokisme. C’est à Orlando que se situe le parc Walt Disney World Resort, symbole de l’empire Disney.
Accueillant plus de 20 millions de visiteurs par an pour un bénéfice de 18 milliards d’euros, il est l’un des joyaux de la Floride. Pourtant, alors que depuis plus d’un demi-siècle, il bénéficie d’un statut spécial qui l’exonère d’une grande partie des contraintes législatives liées aux entreprises, le parlement de l’État du Sud-est des États-Unis vient de voter pour la fin de cette exception.
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Pourquoi ? Récemment, le gouverneur de Floride Ron DeSantis a fait passer une loi interdisant aux enseignants de parler d’orientation ou de théorie du genre avant dix ans : la loi « Don’t say gay ». Or, le patron de Disney Bob Chapek, après avoir longuement hésité, s’est prononcé officiellement en défaveur de cette loi en bon progressiste. Cette idéologie a de fait largement progressé dans l’entreprise, qui ne cesse depuis le début des années 2000 de donner des gages de bonne volonté aux LGBT et aux minorités, comme dans La Belle et la Bête qui avait fait du personnage LeFou un amoureux éperdu de Gaston. Pourtant, comme Netflix, la multinationale semble faire les frais de son wokisme alors que l’action a perdu plus de 30% en un an, dans un contexte économique plutôt favorable mais fragilisé par la concurrence. Bob Chapek est ainsi sur la sellette en raison de ses mauvais résultats, mais aussi de l’insatisfaction générée dans les deux camps aux États-Unis par sa réponse tardive. Ron DeSantis a ainsi vivement critiqué la prise de position du géant du divertissement en arguant que « cet État est gouverné par les intérêts des citoyens de Floride et non par les exigences des dirigeants d’entreprises californiennes. L’État ne leur appartient pas ».
Comme Netflix, la multinationale semble faire les frais de son wokisme alors que l’action a perdu plus de 30% en un an
Le bras de fer est engagé, et donne au gouverneur l’occasion parfaite de s’attaquer à l’entreprise woke. Le sénateur républicain Marco Rubio a d’ailleurs embrayé en attaquant Disney sur son silence total quant au génocide ouïghour et à la dictature chinoise, pays où il a de très gros intérêts économiques. « Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux » disait Rousseau.
Mais la Floride n’est pas le seul État à se rebeller contre l’endoctrinement des enfants : d’autres pourraient lui emboîter le pas comme l’Ohio ou l’Albama, historiquement conservateurs. La pression économique qu’a toujours employée l’entreprise sur les États semble ne plus fonctionner.
Pourtant, malgré de profondes divergences idéologiques, Disney avait toujours essayé de maintenir une certaine neutralité politique en finançant les deux grands partis politiques américains. Plus de ça, désormais : les Républicains n’auront vraisemblablement plus un sou. La guerre entre wokes progressistes et républicains (pour certains libertaires) se dessine de plus en plus précisément.





