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Mais que pense Elon Musk ?

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Publié le

7 avril 2022

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Lundi 4 avril 2022, le milliardaire Elon Musk a acquis 9,2% des parts de Twitter, faisant de lui le premier actionnaire du réseau social. S’il se présente comme un champion de la liberté d’expression, difficile de dire ce qu’il pense véritablement.
Elon Musk

2,9 milliards d’euros. C’est la somme folle qu’a dépensé d’un trait l’homme le plus riche du monde pour devenir le premier actionnaire de Twitter. Du même coup, l’action est montée de 20%. Encore une excentricité du fantasque patron de Tesla.

Mais pourquoi cet intérêt soudain d’Elon Musk pour Twitter ? Certes, il utilise exclusivement ce média pour communiquer (il a 80 millions d’abonnés) en dédaignant tout ce qui s’approche de près ou de loin de Mark Zuckerberg, son ennemi. Mais tout de même, on ne dépense pas 3 milliards par caprice. Il a d’ailleurs pris les choses en main via un sondage sur le réseau afin de savoir si ses followers seraient favorables à la possibilité de modifier leurs tweets (oui à 74%).

Ce que l’on sait, c’est qu’Elon Musk est très engagé en faveur de la liberté d’expression. Quelques jours plus tôt, il avait d’ailleurs posé la question suivante : «La liberté d’expression est essentielle pour une bonne démocratie. Pensez-vous que Twitter adhère rigoureusement à ce principe ? » Résultat : sur deux millions de votants, 70% répondent par la négative. En réponse, un autre tweet suit : «Que faut-il faire ? Une nouvelle plateforme est-elle nécessaire ? »  339 000 likes. Il ne lui a fallu qu’une semaine pour réagir et mettre la main sur le célèbre réseau social.

Lire aussi : Laure Mandeville : « Nous avons assisté à un désastre de la pensée stratégique occidentale » (1/2)

Un libertarien proche de Trump ?

Mais au-delà de ses positions sur la liberté d’expression, que pense véritablement Elon Musk sur le plan politique ? On le sait engager au Parti républicain : il avait ainsi été conseiller de Trump durant environ six mois avant de claquer la porteen juin 2017, alors que le président annonçait vouloir quitter les accords de Paris sur le climat. Libertarien pur jus, il est tout à fait opposé aux taxes sur les milliardaires et semble ne pas aimer du tout le vieux Joe Biden. Il s’était par ailleurs opposé à de nombreuses restrictions sanitaires, voulant restreindre au maximum l’investissement de l’État dans la vie des citoyens. « Take the redpill » avait-il tweeté lors des dernières élections, en référence au choix donné dans le film Matrix entre la pilule bleue, symbole d’une vie facile, et la pilule rouge, représentant la connaissance et la difficulté – le rouge étant également la couleur du parti Républicain.

Sur les questions sociétales, Elon Musk, bien que technophile, est assez ambigu. Bien malin celui qui sait exactement ce que pense le milliardaire. S’il se présente comme très progressiste, on l’a récemment vu promouvoir le natalisme. « L’un des plus grands dangers de notre civilisation, c’est un taux de natalité bas, et son déclin rapide. » Il maintient en clair un savant équilibre sur la question, ne s’exprimant que peu à ce sujet. Il est pourtant résolument opposé aux wokes et à la cancel culture, double menace selon lui sur  la démocratie et à la liberté d’expression, les deux valeurs qui guident le chef d’entreprise.

« L’un des plus grands dangers de notre civilisation, c’est un taux de natalité bas, et son déclin rapide. »

Elon Musk

Le patron de Tesla est par ailleurs un fervent défenseur du progrès technologique, mais reste un grand critique de l’Intelligence Artificielle qui serait selon lui une grande menace pour notre société. En effet, il craint une aliénation de l’homme par l’IA qui conduirait celle-ci à devoir se passer de lui une fois qu’il n’aurait plus rien à lui apprendre.

S’engageant de plus en plus dans la politique, une partie de l’Internet américain murmure qu’il songerait à la présidence des États-Unis. Bien sûr, tout cela n’est pour l’heure que rumeurs et fantasmes, mais il faut reconnaître que sa popularité est immense outre-Atlantique. Le self-made-man, modèle de réussite pour tous, reste une icône adulée.

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