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Les critiques musicales de décembre

Chaque mois, L’Incorrect sélectionne pour vous le meilleur et le pire de l’actualité culturelle. Perles rares ou navets survendus, authentiques exploits ou pathétiques arnaques, ici se poursuit l’ambition de distinguer. À rebours de la tyrannie du médiocre, du politiquement convenable et du consensus, nos critiques vous redonnent le sens des hiérarchies. Place aux critiques musicales de décembre.

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Langoureux voyage

If words were flowers, Curtis Harding, Anti/Epitaph, 15,99€

On entre dans le dernier album de Curtis Harding comme on descend les escaliers d’un club de jazz enfumé. Les premières notes de cuivres nous rappellent les Sketches of spain de Miles Davis. Souvenirs sévillans, parfums andalous. En descendant les marches, le reflet du miroir révèle notre tenue pour la nuit : complet-croisé aux couleurs sombres, Fedora en feutre pourpré, boots fraîchement cirées et délicat foulard aux teintes explosives. Comme ce disque, nos manières sont excellentes et nos pensées licencieuses. On pense souvent à la série The Deuce dont il aurait pu signer sans mal la bande-originale. L’élégance des orchestrations avec ses violons, ses saxophones et ses trompettes distingués, l’influence du gospel avec les chœurs langoureux rendent l’écoute de ce disque parfaitement plaisante et le voyage particulièrement réussi. Emmanuel Domont


Rebelles sans un pli

Crawler, Idles, Partisan Records, 12,99€

Malheureusement pour nous, si Margaret Thatcher a enfanté des Sex Pistols et du Clash, Boris Johnson aura fait naître Idles. Avec les groupes comme Shame, Murder Capital ou Idles, donc, une nouvelle scène post-punk nous fatigue les oreilles. Encore, s’il n’y avait que la musique, nous serions sauvés. Hélas, ils parlent. Ces rebelles s’inquiètent pour le monde. Comprenez : ils vont au marché-bio en lendemain de cuite, votent contre le Brexit et manquent autant d’à propos en matière politique que de mélodies dans leurs chansons. Évidemment, l’immense majorité de la presse est élogieuse à leur sujet. On se demande bien pourquoi. L’autre fois, lors d’une interview dans Gonzaï, ils espéraient que « la normalité des choses revienne » et que « le bon moment était venu pour être plus tolérant et plus conscient de l’environnement » : avec de tels marginaux, le pouvoir peut trembler. On entend ici et là qu’ils sont surtout bons lors des concerts : qu’ils nous épargnent donc leurs albums. ED [...]

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