Ce dimanche 14 février, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour ont eu l’occasion de passer sur TF1 face à Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray pour donner leur opinion quant à la situation en Russie.
Le premier point marquant est évidemment que la liste susmentionnée n’est pas exhaustive. En effet, par un mystérieux coup du sort, il s’avère que quatre candidats – Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud – n’ont pas eu le loisir de pouvoir s’exprimer. Si on comprend que les vices de l’audience ont forcé l’émission à ne pas durer plus de trois heures, on aurait aisément pu imaginer des interventions plus courtes pour que tous puissent être présents. D’autant plus que, parmi ces quatre « petits candidats », tous sauf Nathalie Arthaud sont donnés dans les sondages au même niveau ou au-dessus d’Anne Hidalgo, qui a participé ! On comprend mieux le « coup de gueule » poussé ce jour par Jean Lassalle à propos du choix des médias d’accorder leur temps à certains candidats mais pas à d’autres.
Sur le format encore, si l’émission a offert du calme, on peut condamner l’absence de débat par caprice du président de la République. Ne voulant se confronter à personne par peur d’y perdre en électorat, il refuse tout débat et change ainsi les modalités mises en place en 2017. Quand on n’a pas à défendre son bilan, il est certes plus aisé de se faire réélire. Un « faux-débat » pour reprendre l’expression utilisée par tous les médias.
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Sur le fond, on n’a rien appris. Alors que presque tous les programmes ont été publiés, les candidats ont déroulé leurs propositions en répondant aux questions des deux journalistes. Après une minute de « profession de foi », les huit intervenants sont passés chacun une quinzaine de minutes.
Anne Hidalgo d’abord, a évidemment condamné plutôt mille fois qu’une l’agression du « dictateur » Vladimir Poutine. Pour l’énergie, elle a brillamment tiré pour conclusion de la situation actuelle qu’il fallait sortir progressivement des énergies fossiles, tout en désirant (comme Marine Le Pen d’ailleurs) baisser la TVA sur les énergies à 5,5%.
Ensuite, Marine Le Pen a réussi à faire oublier à tous ses anciennes positions pro-russes en condamnant sans ambiguïté l’invasion, en penchant pour une solution diplomatique qui se passerait d’un certain nombre des sanctions actuelles et en émettant l’idée de demander à l’OPEP la baisse du prix du baril. Voulant un grand plan pour le nucléaire, elle dit vouloir stopper immédiatement tous les projets d’éolien. Avec une petit Mélenchon vibe, Marine Le Pen a fustigé la spéculation sur les énergies en promettant une baisse entre 34 et 50 centimes du litre. Elle a par ailleurs très justement exposé les conséquences possibles de la crise agricole qui arrive à grands pas.
Jean-Luc Mélenchon s’est plutôt bien débrouillé, parvenant comme Marine Le Pen à faire oublier ses accointances poutinesques
Valérie Pécresse l’a suivie, en choisissant de rester debout. Contre l’intégration de l’Ukraine à l’UE, elle n’a pourtant pas hésité à se répandre en critiques sur le méchant Poutine. C’est donc cela, un lieu commun. Favorable à un retour de la souveraineté, elle a rappelé son idée de mix énergétique macronien, entre éolien et nucléaire pour un objectif zéro carbone en 2050.
Yannick Jadot lui a succédé, déblatérant des stupidités comme le fait que Poutine aurait peur de la démocratie alors qu’en réalité, ce sont les démocraties qui ont peur de Poutine. Face à la dépendance au gaz russe et au l’éolien, il faut tout baser sur les éoliennes. Parce que le nucléaire et l’indépendance énergétique, pour Yannick Jadot, ce n’est pas forcément lié.
Ensuite, ce fut à Emmanuel Macron d’entrer sur le plateau pour défendre ses actions de ces dernières semaines en expliquant qu’il avait tout réussi. Lorsqu’on l’interroge sur son superbe revirement à propos du nucléaire, il explique confusément que ce n’en était pas un. Renforçant sa stature de président calme, serein et incarnant la sécurité, il dénote désormais tout à fait avec le jeune homme dynamique qui hurlait en meeting. Sa proposition sur l’énergie ? Moins consommer en plein plan de relance européen.
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Jean-Luc Mélenchon s’est plutôt bien débrouillé, parvenant comme Marine Le Pen à faire oublier ses accointances poutinesques, et prônant la non-intervention et une conception gaullienne de l’arbitre français. Comme d’autres, il veut bloquer les prix à la pompe, mais a aussi réaffirmé sa volonté d’arrêter le nucléaire en abaissant l’âge légal de la retraite à 60 ans. Classique.
Son némésis, Éric Zemmour l’a suivi. Voulant bloquer les prix à 1,80 euro, il a développé un ensemble de mesures économiques qui lui permettent de répondre « oui » à la fatidique ultime question des journalistes : « Baisserez-vous les impôts des Français ? ». Sur sa performance en général, on peut dire que le candidat de Reconquête ne s’est pas trop mal débrouillé au vu de ses difficultés ces dernières semaines à maintenir une position stable sur la question russe, devant composer avec ses écrits « poutinolâtres »d’hier.
Ne manque plus que Fabien Roussel qui a conclu en énonçant des sanctions formidables contre le président russe avec qui il ne veut apparemment pas négocier. Sa priorité restant « le pouvoir d’achat des Français », il a déroulé en évoquant des sanctions contre l’oligarchie énergétique et en dressant un portrait élogieux du nucléaire, désormais abandonné par la gauche.
En réalité, on n’a pas appris grand-chose sur la politique internationale de chaque candidat
Une longue émission en somme, qui s’est conclue par une courte minute de conclusion pour chacun des huit candidats invités. En réalité, on n’a pas appris grand-chose sur la politique internationale de chaque candidat : comme pour la crise du Covid, tous se sont placés avec de légères nuances par rapport à Emmanuel Macron qui, on n’en doute pas, sortira grand vainqueur de cette crise, et de cette présidentielle.





