Quelles ont été vos actions pour défendre la statue de Napoléon ?
Nous menons toute une campagne autour de cette statue depuis le mois de septembre. Alors que la statue napoléonienne avait été enlevée pour restauration, le maire a entrouvert la possibilité d’un retrait définitif. Un artiste en avait profité pour exposer sur le piédestal une parodie de Napoléon en livreur Deliveroo. Nous l’avons recouvert d’un drap noir sur lequel était inscrit « I will be back » (« je reviendrai », en anglais). Suite à cela, nous avons collé des stickers et des affiches dans la ville. La semaine dernière, nous avons projeté un visuel « Stop au wokisme » sur le lieu de la dernière consultation citoyenne. Nous faisons aussi régulièrement du tractage.
La troisième adjointe au maire, Laura Slimani, avait par exemple taxé le maire de Montpellier de « vieux mâle blanc libéral » suite à un désaccord sur Twitter
La mairie a décidé d’organiser une concertation citoyenne pour décider du sort de la statue. Pourquoi cette consultation est-elle, selon vos termes, « une supercherie » ?
La consultation citoyenne organisée par le maire en octobre avait pour but de lancer un débat sur le possible remplacement de la statue équestre de Napoléon, au nom de la « féminisation de l’espace public ». C’est, selon nous, une supercherie car cette concertation citoyenne exclut l’idée même de remettre la statue. Chacun des intervenants invités pour animer les quatre conférences avait un positionnement politique très marqué à gauche. On a vu notamment Nicolas Offenstadt, un historien militant de gauche, des activistes féministes, et même des spécialistes de jeux vidéo. En revanche, on n’a pas entendu l’avis de personnes qualifiées qui pourraient s’opposer à ce retrait de la statue.
Y-a-t’il d’autres exemples de cette soumission à l’idéologie woke dans la région ?
Il est évident que le wokisme fait son trou à peu près partout en France, et en particulier dans l’université de Rouen. On y trouve régulièrement des conférences sur les luttes LGBT ou sur le féminisme, par exemple. L’affaire de la statue napoléonienne nous fait particulièrement craindre que la mairie de Rouen devienne un bastion de l’idéologie woke. La troisième adjointe au maire, Laura Slimani, avait par exemple taxé le maire de Montpellier de « vieux mâle blanc libéral » suite à un désaccord sur Twitter. Le fait que ce genre de personnes soit à la tête de la ville montre aussi que le wokisme est particulièrement implanté. Pour nous, l’affaire de la statue n’est qu’un début. Il y a aussi énormément d’associations féministes intersectionnelles ou pro-LGBT qui sont subventionnées par la mairie. C’est une puissance de frappe qui n’est pas négligeable.
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Malgré la création toute récente de votre organisation, estimez-vous avoir un impact ?
Notre pari, pour le moment, c’est d’obtenir de petites victoires pour faire reculer le wokisme à notre échelle. Même s’il est compliqué en six mois d’avoir du recul, je pense que nous avons effectivement un effet local. Par exemple, la statue caricaturale a été retirée suite à notre action. Nous voulons absolument mettre en lumière l’action de la maire pour en montrer ses travers. Elle organise un vote en catimini pour retirer le monument à la gloire de Napoléon, et nous voulons exposer la situation à tous les habitants pour qu’ils se mobilisent.
Comment répondre efficacement aux personnes qui veulent détruire notre histoire ?
Et bien, tout simplement en apprenant aux gens, et en particulier aux jeunes, à renouer avec leurs racines et à rejeter cette conception autocentrée et anachronique de l’histoire qui veut tout voir à travers le prisme woke. On ne doit pas ostraciser un personnage historique sous le prétexte que ses actions ou ses opinions ne correspondent pas à l’idéal woke, si tant est que le wokisme soit un idéal. Il faut renouer avec la grandeur de notre histoire, et surtout s’inscrire dans ses pas.





