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Les sept péchés capitaux de la droite

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Publié le

2 novembre 2020

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Au lieu de se gausser du lent pourrissement idéologique de son ennemi, la droite gagnerait à se regarder un peu le cul.

Car si la gauche se déshonore à marche forcée avec ses travelos, ses décolonialistes et ses histoires de bonne femme, la droite a elle aussi sacrément du boulot pour se débarrasser de ses errements et de ses contradictions. L’Incorrect ne reculant devant aucun sacrifice a listé sept domaines dans lesquels la droite aurait tout intérêt à se réazimuter.

1) Le libéralisme économique. Le péché capital superstar de la droite. La droite « protectrice des intérêts de la Nation » l’a livrée ficelée façon mironton à tous les vautours de la finance. La politique de désindustrialisation sous Chirac et Sarkozy aura été aussi cynique que celle de la gauche. Il retourne souvent boire un café au bistrot de Gandrange, le génie de Neuilly ? Aussi souvent que Hollande va à celui de Florange, j’imagine.

Le libéralisme économique, c’est une idéologie qu’il faut prendre avec des pincettes à l’intérieur (baisser les impôts sur les PME oui, favoriser les supermarchés, non) et qu’il faut abhorrer à l’extérieur. Même en travaillant au coup de fouet, un ouvrier français ne rattrapera jamais un esclave chinetoque. Et tout le monde ne sera pas ingénieur sur la prochaine fusée Ariane, il faut aussi des chaises de jardin bon marché fabriquées en France. En bref, il est temps que la droite déterre le cadavre de Margareth Thatcher et le démembre à coups de pelle.

Si la gauche a abandonné le Peuple, la droite a abandonné le terroir à sa concurrente pour une vision utilitariste du monde

2) L’abandon des régions, des terroirs, des langues régionales. Si la gauche a abandonné le Peuple, la droite a abandonné le terroir à sa concurrente pour une vision utilitariste du monde. Apprendre une nouvelle langue devait servir à conquérir de nouveaux marchés et non à se construire soi-même en rapport avec ses racines. « Il n’y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France destinée à marquer l’Europe de son sceau », disait Pompidou en 72. Et pour la droite, les régions n’ont longtemps été qu’un lieu d’élevage de ploucs dont les moins crottés seraient montés à Paris. Funeste erreur ! Aujourd’hui chacun ne jure que par l’implantation locale, le terroir, l’authenticité, la « France réelle ». Wauquiez en fait des tonnes à lisier sur le sujet, mais est toujours bien incapable de parler l’occitan ou l’arpitan. Quant à Marine la jacobine… Il y a quand même du boulot pour que la droite toujours plus ou moins mâtinée de versaillisme à jupe plissée retrouve une « terroir credibility » qui ne sente pas l’appart » de vacances à La Baule.

3) Le mépris pour les avancées sociales. C’est marrant je ne vois pas beaucoup de militants UMP distribuer des tracts devant mon Intermarché ouvert le dimanche matin. Le dimanche, c’est pourtant le jour du Seigneur et de la famille, non ? Et les 35 heures ? Il faudra retourner bosser 40 heures sans compensation salariale si la « vraie droite » arrive au pouvoir ? Et le carreleur ? Il va se râper les genoux sur la chape jusqu’à 90 ans pour la$ plus grande gloire de « l’équilibre des régimes sociaux » et de la « confiance des marchés » ? Que les connards qui veulent nous faire travailler jusqu’à 70 ans aillent eux-mêmes torcher leurs mômes et leurs vieux au lieu de les mettre à l’école ou à l’Ehpad.

Lire aussi : Pourquoi Macron n’est pas un homme de droite

4) Grande gueule dans l’opposition, petite bite au pouvoir. Tugdual Denis peut être confit en dévotion devant Fillon, d’autres peuvent pleurer en pensant au soir de l’élection de Sarko, et pourtant… On a vu ! On a vu la performance et la révolution anthropologique que furent les passages de Chirac, Sarko, Fillon au pouvoir ! Immigration, changements sociétaux, impôts, désindustrialisation, économie, décentralisation, nous fûmes époustouflés de tant d’audace !

5) L’abandon du Peuple pour la bourgeoisie versaillaise, les retraités et les chefs d’entreprise. Alors ça c’est surtout un péché de la droite UMP/LR. La classe laborieuse ayant massivement choisi le RN, la droite UMP/LR a fait comme la gauche avec ses pédés et ses immigrés, elle a choisi un peuple de remplacement : la bourgeoisie catho versaillaise, les retraités boomers aisés qui ont peur de Marine Le Pen et les chefs d’entreprise qui représentent le peuple élu de la droite libérale.

La classe laborieuse ayant massivement choisi le RN, la droite UMP/LR a fait comme la gauche avec ses pédés et ses immigrés, elle a choisi un peuple de remplacement : la bourgeoisie catho versaillaise, les retraités boomers aisés qui ont peur de Marine Le Pen et les chefs d’entreprise qui représentent le peuple élu de la droite libérale

6) L’incapacité à tracer une nouvelle vision. Qui, à droite, proposera un projet de société global et ambitieux à faire chialer Les Inrocks ? Remigration massive des étrangers indésirables, interdiction de l’islam, abrogation du mariage des pédés, décentralisation maximale, revalorisation massive des salaires de la classe laborieuse et des métiers manuels, toute la politique économique et fiscale au service des PME et du salariat, retour des services publics dans les campagnes et abandon de la politique de métropolisation, sortie de l’Union Européenne pour former une « autre Europe » avec les pays sains, etc. Ça, ça aurait de la gueule !

7) Le look des mecs et des femmes de droite. La pitié ! Guillaume Larrivaaaiiiii ! Heureusement que la gauche est devenue minable à ce niveau-là aussi parce que jusqu’alors la droite avait une avance genre échappée du Tour de France. Non, mais franchement ! Regardez la tronche à Retailleau ! À Bellamy ! Ça ne fait pas trop Kennedy, quand même. Et Jacob ! Marion ça va. Franchement, il n’y a pas une option rock’n’roll dans le dressing code du mec de droite ? En fait, on dira ce qu’on voudra mais le dernier mec de droite qui avait un peu d’allure, à part le Général, c’est quand même Lemmy de Motörhead.

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