S’il est impossible de nier que la vie est extrêmement chère en Martinique, les émeutes qui ébranlent l’île depuis plusieurs mois ont viré purement et simplement à la délinquance, s’éloignant d’une lutte au départ justifiée pour servir les poncifs décoloniaux de l’extrême gauche. À la manœuvre, Rodrigue Petitot, « le R », au profil éloquent : ancien trafiquant de drogue (quatre condamnations, la dernière datant de 2016), il a été emprisonné en métropole à quatre reprises, passant ainsi dix ans derrière les barreaux. Son discours est simple : la vie est chère en Martinique à cause des « békés », les blancs, qu’il faudrait expulser de l’île. Une rengaine habituelle dans les DOM-TOM.
Figure du RRPRAC, Rodrigue Petitot a créé l’association « Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens » le 15 juillet 2024. On est donc loin d’une colère spontanée. À ce même moment se réunissait à Bakou, en Azerbaïdjan, le « congrès des colonies françaises », où se trouvaient notamment des militants indépendantistes ultra-marins. Coïncidence ?
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Le 12 novembre dernier, Rodrigue Petitot s’était introduit dans l’enceinte de la résidence préfectorale à Fort-de-France, en compagnie de trois autres militants, afin de s’entretenir avec le ministre des Outre-mer. Il a conséquemment été arrêté et placé en garde à vue pour violation de domicile… et « actes d’intimidation à l’encontre de personnes exerçant une fonction publique », révèle Le Figaro.
Suite à cela, 350 personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de police où il était détenu, certains cagoulés et ouvrant le feu sur les gendarmes mobiles présents, avant de jeter des projectiles et des cocktails Molotov. Bilan : trois blessés légers parmi les forces de l’ordre.
Partout dans l’île, d’autres émeutes ont eu lieu. Et comme lors des émeutes urbaines françaises, les pompiers en intervention sont également pris pour cible.
Les solutions proposées sont systématiquement refusées par les agitateurs, comme par exemple une réforme de la fiscalité propre aux « colonies »
Difficile dans ce cas de ne pas voir les mêmes ressorts et mécanisme de leurs homologues français : des délinquants assoiffés de haine et de reconnaissance qui prennent des causes a priori justes (la lutte contre la vie chère, les violences policières) pour faire la promotion de leur haine par la violence (et, pourquoi pas, récupérer un billet ou une place au chaud dans les institutions ou un parti), soutenus par la gauche qui voit chez ces truismocrates sous perfusion de stéroïdes les nouveaux Toussaint-Louverture. L’inénarrable Juan Branco, après son coup d’éclat l’an dernier au Sénégal, où il avait été arrêté puis expulsé, s’est d’ailleurs évidemment saisi de l’occasion pour faire sa pub et soutenir les émeutiers, dans un post X où vieilles rumeurs et fausses informations se mélangent dans un joyeux bordel complotiste.
Et pendant ce temps-là, comme en métropole, ce sont les populations locales qui en paient le prix fort : destruction des infrastructures, des biens privés, pillages de magasins… Une facture qui risque d’être salée pour une Martinique déjà exsangue. Alors que toutes les solutions proposées sont systématiquement refusées par les agitateurs, comme par exemple une réforme de la fiscalité propre aux « colonies », qui date du XVIIe siècle sans jamais avoir évolué.
Violence aveugle, causes détournées pour servir de prétexte à la haine du blanc, soutien de l’extrême gauche : entre les DOM-TOM et la métropole, les différences sont finalement ténues !





