Marie-France Garaud est un mythe de la vie politique française : « créatrice » de Jacques Chirac, sacrée par les médias à la fin des années 70 « femme la plus puissante de France », elle fut une intrigante de grande race et semblait naturellement prédestinée à dicter en coulisse un glorieux chapitre du roman national. Il n’en fut rien hélas, et elle dut se contenter d’être l’une des plus romanesques figures de la Ve République. Pourtant, M. Faye réussit, et c’est un exploit, à rendre son récit ennuyeux. Les jeunes journalistes n’entretiennent trop souvent qu’un lointain commerce avec la littérature. Cela se ressent ici : le rythme, soutenu, ne compense pas une certaine platitude d’expression.
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Manque surtout à M. Faye une authentique curiosité qui lui eût permis de se départir de quelques préjugés et de comprendre cette femme d’exception, mais aussi une famille politique qu’il considère – « cordon sanitaire » oblige – avec une distance ironique au point que s’impose le sentiment qu’il a manqué son sujet, ce que d’ailleurs il avoue à son insu en épilogue (notamment en ses pages 242 et 243). Ce livre, par les éléments factuels qu’il propose, sera néanmoins utile pour tout écrivain désireux de faire le portrait de cette femme fascinante, ultime ambassadrice de ce que Barrès appelait « La France poignarde », et dont le seul tort fut d’être venue trop tard dans un monde politique trop vieux.






