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Maximilien Friche : Catholique du futur

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Publié le

23 février 2021

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Rodolphe D., connu sous le nom de plume de Maximilien Friche, est depuis une quinzaine d’années l’un des acteurs majeurs de ce que l’on pourrait nommer la spiritosphère française.
Maximilien_Friche©Benjamin_de_Diesbach-1

Ce toujours jeune homme de 45 ans, père de famille nombreuse est aujourd’hui, en sus de son emploi de chef de cabinet chez EDF, à la tête de la revue d’idées et de littérature en ligne « Mauvaise nouvelle », et de la maison d’édition Nouvelle Marge. Autour de ce poète-mystique évadé d’un temps très ancien se croisent et gravitent aujourd’hui d’innombrables et admirables plumes. Mais comment devient-on Maximilien Friche ?

Exilé loin de sa patrie normande, c’est à Toulouse qu’il grandit,« dans les rues en lacis » duquel il aime se perdre, s’enfermant « entre midi et deux dans l’église de la Dalbade pour mettre [s]es tripes sur l’autel », avant de pousser jusqu’ « au cloître des Jacobins (c’était gratuit pour les jeunes), pour écrire dans [s]a tête ». Une adolescence comme il se doit, torturée par le monde et consolée par l’Esprit. Rodolphe-Maximilien n’aimait pas lire, et c’est bien étrange. Jusqu’à ce qu’il tombe à 14 ans sur Les Hauts de Hurlevent. Rodolphe-Maximilien n’était pas spécialement pratiquant, et c’est bien étrange. Mais « j’ai toujours eu la foi, j’ai toujours prié, et je me suis toujours pris la tête à cause de Dieu et surtout avec lui ! Mes prières sont aussi des colères ». Jusqu’à ce qu’il rencontre sa femme, par qui il « entre pleinement dans la contemplation des mystères de la foi et l’amour de la mécanique théologique ». Rodolphe-Maximilien n’aime pas bouger, et c’est bien étrange, car il a beaucoup déménagé avant que de faire son trou dans la capitale des Gaules. Rodolphe-Maximilien, adolescent, était de gauche et c’est bien étrange tout court – « dès l’école primaire, je faisais des grands discours humanistes, je voulais être député ». Rodolphe-Maximilien a aussi fait des études – bac C, fac d’économétrie, DESS de gestion des ressources humaines – et est-ce étrange, on ne sait pas ?

« Comment écrire pour la gloire de Dieu et le salut du monde ? Que faire de cette tare d’être un écrivain ? »

En 2006, Rodolphe devient enfin Maximilien en publiant son premier roman (d’amour) La Prière, et en lançant ce que l’on appelait alors un blog, Friche intellectuelle. Il commence d’y déployer sa pensée originale et brûlée de catholique du futur : « Comment écrire pour la gloire de Dieu et le salut du monde ? Que faire de cette tare d’être un écrivain ? Comment rendre grâce sachant que j’ai plus le sentiment qu’il s’agit de l’instrument d’une damnation personnelle plutôt que d’une conversion. Il y a un malin plaisir à rester les deux doigts dans la plaie pour écrire. Être à la fois le juif et le camp ».

Rapidement il se trouve avec les jeunes et bouillonnants dantecquiens des années 2000 à collaborer au site « Sur le ring », censément à la pointe de la hype réac du temps : « Il y avait quelque chose de moderne. J’étais timide, et un ami proche d’Aurélien Lemant, alors rédacteur en chef, m’y a fait entrer. J’étais content d’y imposer des sujets religieux, de toujours mettre des références catholiques, jusqu’à des citations de St Josémaria [fondateur de l!Opus dei]. J’y ai vu le moyen de parler de choses que j’aimais et de jouir d’une bonne audience ». Même si l’ambiance qui règne dans la rédaction est délétère, menée qu’elle est par le nuisible David Kersan-Serra, alors agent de Maurice G. Dantec, Maximilien devient le relecteur de celui-ci, notamment pour Satellite Sisters qui sera publié aux jeunes éditions Ring.

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Lassé, il s’en va et fonde donc « mauvaise nouvelle », sous le slogan « entre glose outrancière de l’actualité et laboratoire du verbe ».S’y mêlent dans un angélique tintamarre articles politiques, recensions littéraires, interviews d’artistes et poèmes. On y trouve les noms prestigieux de Jean de Viguerie, Renaud Camus, Cheyenne Caron, Matthieu Baumier, Jean-Louis Costes, Henri Quantin, Baptiste Rappin, ou Jean Sévillia.

En 2016, c’est Nouvelle marge, maison artisanale où il publie la chère Sarah Vajda, notre excellent collaborateur Marc Obregon, mais aussi Anna Gichkina et Aurélien Lémant. Depuis Lyon, « capitale de la charité », barré de cent cicatrices à l’âme et père de mille livres à venir, Maximilien peut superbement finir et commencer ainsi : « Je nous vois aussi comme des témoins. Nous ne connaîtrons pas la victoire de notre vivant, mais peut-être pouvons-nous contribuer à transmettre la vérité sur l’être, sur notre civilisation, sur Dieu… Toujours comptables des moyens, jamais des résultats ».

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