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Mesures anti-Covid : fermeture des bars, sursis pour les restaurants

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Publié le

5 octobre 2020

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Ce lundi 5 octobre, le préfet de police Didier Lallement a présenté les nouvelles mesures de lutte contre la covd-19 pour Paris et sa petite couronne. Alors que les restaurants ont obtenu la permission de rester ouverts, les bars seront fermés pour les deux prochaines semaines. Dans sa gestion de la crise, la majorité navigue à vue.
Lallement

Le sursis parisien n’aura duré que quelques jours. Dimanche dans la soirée, le gouvernement a annoncé que Paris et les trois départements de sa petite couronne basculaient en zone d’alerte maximale, à l’instar d’Aix-Marseille. Cette décision n’aura surpris personne, la capitale ayant « franchi, depuis plusieurs jours, les trois seuils qui correspondent à la zone d’alerte maximale et cette tendance s’est confirmée pendant le week-end » comme l’a précisé Matignon dans un communiqué. De fait, le taux d’incidence du virus dépasse la barre des 250 pour 100.000 habitants et le seuil des 100 chez les plus de 60-69 ans (respectivement 260 et 110), alors que le taux d’occupation des lits en réanimation pour les patients atteints du Covid-19 (36%) est supérieur au seuil d’alerte fixé à 30%.

Lors d’une conférence de presse, le maire Anne Hidalgo et le préfet de police Didier Lallement ont annoncé ce matin de nouvelles mesures plus contraignantes. Elles seront mises en œuvre à compter de mardi et pour une durée de deux semaines, au terme desquelles elles seront réévaluées et reconduites le cas échéant. La principale restriction concerne les bars, qui seront fermés dès demain. Les soirées étudiantes ou familiales dans les établissements recevant du public sont désormais proscrites, tout comme les rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique. L’accès aux centres commerciaux et aux équipements sportifs en extérieur est limité. Les événements de plus de 1.000 personnes et la vente d’alcool à partir de 22h restent interdits. Christophe Kerrero, le recteur de Paris, a par ailleurs annoncé que les salles et amphithéâtres des universités devaient être limitées à 50% de leur capacité en zone d’alerte renforcée et maximale, et ce alors que le taux d’incidence du virus chez les 20-30 ans dépasse les 500 dans la capitale.

Lire aussi : Quand le coronavirus rend fou

L’unique bonne nouvelle concerne les restaurants. Sur l’ensemble du territoire nationale, ils seront autorisés à ouvrir, y compris à Aix-Marseille où ils étaient fermés depuis la semaine dernière. Le gouvernement a décidé de suivre l’avis du Haut Conseil de Santé Publique, qui a lui-même validé un nouveau protocole sanitaire proposé par les professionnels du secteur. Les restaurateurs auront notamment pour obligation d’espacer les tables les unes des autres d’un mètre, une petite victoire alors qu’il était question d’une distanciation d’1m50 qui aurait diminué drastiquement le nombre de clients et conséquemment mis en danger leur viabilité économique. Les restaurateurs devront aussi limiter les tablées à six personnes et tenir un carnet de rappel pour pouvoir recontacter les cas-contact si un client est déclaré malade. Ils devront enfin mettre du gel hydroalcoolique à chaque table.

Longtemps dans les tuyaux, la fermeture obligatoire à 22h a finalement été retoquée, tout comme la prise de température des clients. Les gérants de bars espéreront trouver une parade en servant de la nourriture à leurs clients pour passer sous le régime du restaurant, s’ils servent leurs clients assis et par six maximum par tablée.

Sur la forme, le gouvernement est indéniablement en progrès. La fermeture arbitraire des restaurants marseillais la semaine dernière s’était faite sans consultation aucune des autorités locales, contrairement à ce qui avait été annoncé publiquement par le Premier ministre Jean Castex. Cette fois, en témoigne la présence d’Anne Hidalgo, le gouvernement a tenu à démontrer qu’il travaillerait dorénavant de concert avec les élus locaux. Un changement de méthode qui n’empêche pas Marseille d’afficher ouvertement sa méfiance à l’égard du parisianisme en créant son propre comité scientifique, dans lequel devrait siéger le Professeur Raoult.

Plus dramatique encore, ces restrictions accessoires ne sont pas accompagnées de mesures bien plus essentielles : depuis mars, le nombre de lits de réanimation n’a pas été augmenté

Sur le fond, la majorité navigue à vue, et on continuera en vain de chercher cohérence et clarté dans la stratégie adoptée par le gouvernement. Les restaurants fermés brutalement la semaine dernière à Marseille sont autorisés à ré-ouvrir dès demain ; les amphithéâtres universitaires, dont on imaginait sans peine qu’ils allaient être pleins à craquer, voient leur accès limité puisque devenus des foyers de propagation trop importants. Cette gestion à la petite semaine, permise par une technostructure capable de plier le réel à ses volontés, comporte des méfaits très concrets que nos élites semblent omettre : quid par exemple pour les restaurateurs marseillais de la gestion des stocks alimentaires avec des décisions aussi changeantes en une petite semaine ? Plus dramatique encore, ces restrictions accessoires ne sont pas accompagnées de mesures bien plus essentielles : depuis mars, le nombre de lits de réanimation n’a pas été augmenté.

Hommes politiques et médecins de tout horizon ne cessent de défiler sur les plateaux de télévision pour nous enjoindre à « vivre avec le virus ». Force est pourtant de constater que les autorités nous demandent toujours de vivre moins : le climat est délétère, l’ambiance est morose, le moral est en berne, au point que 72% des Français interrogés se disent prêts à accepter un reconfinement d’au moins 15 jours dans un récent sondage Ifop. L’escalade de mesures antisociales aura normalisé ce qui était encore impensable il y a quelques mois : la vie sociale peut être arrêtée et reprise à souhait, par simple acte juridique gouvernemental.

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