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Quand le coronavirus rend fou

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Publié le

4 septembre 2020

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Les symptômes physiques du coronavirus chinois commencent à être bien connus, de même que ses éventuels effets secondaires. Que sait-on toutefois des conséquences psychologiques que la maladie entraînera sur des sociétés occidentales déjà mal en point ?
Masque coronavirus

Entre les anti-masques obsessionnels et les délateurs à la petite semaine qui font de gros yeux à ceux qui ont le malheur d’enfiler leur masque de travers pour respirer quelques secondes en pleine canicule, il est difficile de faire son choix. Même chose quand il s’agira, chez nous en France, de décerner bons et mauvais points aux fanatiques pro-Raoult et aux opposants les plus farouches du druide marseillais. Comme souvent ces derniers temps, la France se fait à l’image de ses voisins civilisationnels : Terre d’Asile … de fous. Pondération, prudence, tempérance et rationalité sont des mots qui n’appartiennent plus à notre langage commun. Il faut se positionner, le plus bruyamment et plus énergiquement possible, en abolissant les nuances pourvu qu’on ait l’ivresse de la confrontation stérile.

En fait de politique, on s’occupe de petits sujets en marge de celle-ci. En fait de médecine, on polémique autour d’accessoires

En fait de politique, on s’occupe de petits sujets en marge de celle-ci. En fait de médecine, on polémique autour d’accessoires. Pourquoi le masque est-il désormais obligatoire dans les rues de certaines villes alors qu’on nous avait martelés, à juste titre, que les distances de sécurité et les « gestes barrière » suffisaient à se prémunir dans les milieux aérés ? Pourquoi peut-on s’abstenir de porter le masque en entreprise si les locaux sont suffisamment espacés alors qu’on ne le peut pas dans une rue déserte toulousaine ?

Pour la même raison qu’évoquer les chiffres de la délinquance juvénile en augmentation est un mensonge pour le Garde des Sceaux amateur de fauconnerie. Vous devez mettre le masque parce que des gens ne respectent rien et ne le mettraient jamais s’il n’y avait pas de sanctions. À l’identique, vous devez éviter de circuler à certains endroits des villes parce que vous pouvez vous y faire assassiner à coups de couteau.

Lire aussi : PSG-Bayern : la BRAV contrôle le port du masque plutôt que de réprimer les casseurs

Bientôt, en France aussi, on nous indiquera de quelle manière il faut pratiquer sa sexualité. Au Canada, en Colombie-Britannique, l’usage du glory-hole des boîtes à partouzes les plus sordides a été recommandé comme protection contre la propagation du virus. Le mieux étant toutefois de ne rien faire à plusieurs, comme l’a expliqué l’administratrice en chef de la santé publique du Canada Theresa Tam : « Les activités sexuelles les moins risquées pendant que sévit la Covid-19 sont celles où vous êtes seul ». Finement observé, Sherlock ! Que dire ? On nous prend pour des cons. Tout simplement.

Progressivement, notre monde se transforme en idiocratie systémique. Aux États-Unis, on célèbre des « covid party » pendant que d’autres installent des « glory-hole » à leur porte d’entrée pour donner rendez-vous à une nouvelle conquête. On défile dans les rues contre le port utile du masque – s’il est utilisé judicieusement – à deux pas de gens qui se couvrent de burkas antiseptiques et se lavent frénétiquement les mains jusqu’à avoir de l’eczéma.

On dit souvent que la réalité se « gorafise » ou qu’elle ressemble à une dystopie, une caricature du dessin-animé South Park. Pourtant, à y regarder de plus près, ce serait presque pire

On dit souvent que la réalité se « gorafise » ou qu’elle ressemble à une dystopie, une caricature du dessin-animé South Park. Pourtant, à y regarder de plus près, ce serait presque pire. On assassine d’une balle dans la tête à bout portant dans les rues de Portland pour une casquette « Make America Great Again » et des gamins de 17 ans tirent à l’arme automatique pour protéger des commerces attaqués par des antifas se déplaçant sur des planches de skate-board. Les campagnes politiques se résument à des attaques sur le physique, les maladies mentales supposées des uns et des autres, leur malignité et leur vice. Les Douze Césars de Suétone prennent un sacré coup de jeune en 2020.

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