Larry Cohen est surtout connu pour avoir créé la série télévisée Les Envahisseurs, qui terrorisa l’Amérique pendant les années 50, mais c’est aussi un réalisateur rompu à l’exercice de la série B, aussi à l’aise dans la blaxploitation (Black Caesar) que dans la comédie horrifique (l’incroyable Le Monstre est vivant et son nourrisson anthropophage). Avec Meurtres sous contrôle, tourné en 1976, il s’éloigne du cinéma d’exploitation et signe un véritable thriller paranoïaque, au rythme soutenu, tourné caméra à l’épaule, qui rend hommage à son maître Samuel Fuller dont il emprunte ici l’irrévérence, avec une approche quasi-documentaire.
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À partir d’une idée simple – une enquête autour d’un meurtrier qui semble choisir ses victimes au hasard dans la rue – Cohen tisse une intrigue haletante qui renvoie dos à dos toutes les tares de la société américaine des années 70, l’évangélisme y étant littéralement perçu comme une branche du satanisme. Le film surprend encore par son mélange des genres réussi – on passe en une heure et demie du polar dur-à-cuire à la spéculation mystique, et par son formalisme exigeant.
Meurtres sous contrôle (1976) de Larry Cohen, avec Tony Lo Bianco et Deborah Raffin, Rimini Editions (1h30)





