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Nicolas Dupont-Aignan : « Macron est un traître à la patrie »

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Publié le

31 octobre 2017

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Nicolas_Dupont-Aignan

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Il est l’homme qui a osé franchir le mur. Il est l’homme qui tend la main aux deux côtés. Il est l’homme qui se moque des grands partis. Prenant le risque de se faire briser. Nicolas Dupont-Aignan est-il inconscient ou patriote ?

 

Quel est le but de la plateforme « Les amoureux de la France » que vous avez lancée le 25 octobre ?

Macron aura réussi au moins une chose, la recomposition politique. C’est-à-dire que des gens qui gouvernaient jusque-là à tour de rôle pour mener la même politique se retrouvent désormais tous ensemble. Ils feront donc naufrage là aussi, tous ensemble, un jour ou l’autre et le plus tôt sera le mieux.

Face à cela, nous avons l’obligation de bâtir, nous aussi, la recomposition politique. Mélenchon, lui, l’a compris avant les autres. Il a renouvelé l’offre politique à gauche de Macron. Mais à droite, c’est la Bérézina : jamais M. Wauquiez ne gagnera seul, jamais Mme Le Pen ne gagnera seule, jamais M. Dupont-Aignan ne gagnera seul. Si l’on ne fait rien, chacun repartira dans sa roue, comme un hamster, préparera 2022 croyant être le héros du siècle et se plantera nous laissant dans la pire des situations : un duel Macron-Mélenchon. Ce qu’attend, d’ailleurs, Macron.

Notre responsabilité historique est de forger une union des « amoureux de la France », de ceux qui croient encore à notre pays, à ses valeurs, à sa civilisation, à son énergie, à son projet, à son message au monde et à son exception.

 

Mais que diront les appareils ?

Pour réaliser notre projet, il ne faut pas compter sur les appareils politiques. Il faut s’adresser à la base, consulter nos électeurs communs, pour faire passer le pays avant les partis. Dans ma circonscription, j’ai été réélu par des électeurs, dont certains pouvaient voter LR, DLF ou FN. Nos électeurs sont d’accord sur l’essentiel. Ma seule ambition, pour les années à venir, est de bâtir un programme commun de la droite et au-delà, de tous les amoureux de la France, qui de plus en plus nombreux, ne se reconnaissent plus dans ce clivage.

La plateforme participative, lesamoureuxdelafrance.fr , que nous avons lancée avec Jean-Frédéric Poisson, permettra aux Français de donner leur avis, de s’investir, de ne pas être court-circuités par les partis. Ensuite nous organiserons des réunions sur le terrain. Nous irons en province, partout où nous le pourrons, à la rencontre des électeurs du FN, de LR, de DLF, du PCD, et bien sûr de tous ceux qui, n’appartenant pas à un parti politique, souhaitent nous aider à redresser la France. Ce qu’a fait Macron, en réunissant les mondialistes et les européistes, nous devons le faire en réunifiant l’opposition, sans tomber dans le piège de Mitterrand, qui visait à diviser la droite en nous culpabilisant d’être nous-mêmes.

Il vaut mieux sauver la France avec un programme commun minimum, plutôt que de la laisser crever en recherchant à tout prix à s’entendre sur tous les sujets

Sur quoi se ferait cette union selon vous ?

Il ne s’agit pas de faire l’union pour l’union : l’union doit être au service de la France. Il faut trouver le dénominateur commun. C’est-à- dire évacuer les sujets qui fâchent et se mettre d’accord sur un programme de salut public. Tout le monde sait que M. Wauquiez n’a aucune envie de parler à Mme Le Pen : il serait vain de partir du sommet. Comment fait-on ? En s’accordant sur ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise.

Il vaut mieux sauver la France avec un programme commun minimum, plutôt que de la laisser crever en recherchant à tout prix à s’entendre sur tous les sujets. Nous ne sommes pas le comte de Chambord, qui pour garder le drapeau blanc a préféré renoncer au pouvoir. Il est temps que nous fassions preuve de réalisme, sans renier nos principes. Ce projet s’appuie ainsi sur un double équilibre ; entre sérieux et audace, pour rassurer les Français, et entre rupture et continuité, pour ne pas rompre sur tout, mais changer l’essentiel.

 

   A lire aussi : Christophe Billan « Aller au-delà des appareils »

 

Et trouver un leader pour 2022 ?

La question de 2022 ne se pose pas maintenant. La société a changé, les gens veulent du renouvellement. Personne ne peut se dire : je serai candidat en 2022. Il faut donc évacuer la question du leader, autant que des partis. Il faut repartir de la base. Quel est le dénominateur commun des Français qui ne veulent pas de Macron et qui ne supportent pas de voir la France bradée ? C’est la seule question.

 

Est-ce que vous assumez le mot de droite pour définir ce programme ?

Oui et non. Oui, parce qu’il faut commencer par la droite. Non, parce que la France ne se limite pas à la droite, d’autant que Macron réunifie une partie de la droite et de la gauche. Je vous assure qu’il y a une droite libérale qui se réjouit, Le Figaro Magazine  est aux anges. Macron est finalement le président des bobos de gauche et de droite. Se limiter à la seule droite serait donc absurde, puisqu’il y a des millions de Français qui ne sont ni de droite ni de gauche. En revanche, je ne crois pas à l’alliance jusqu’à l’extrême gauche. L’enjeu, c’est de sauver la France avec un programme sérieux et efficace.

La maison brûle, je veux récupérer la souveraineté, la capacité de défendre la France

Quel est le clivage essentiel aujourd’hui ?

Vous le connaissez : c’est celui entre ceux qui croient en la France et ceux qui n’y croient plus. Macron, c’est la disparition de la France. C’est la France colonisée : colonisation économique, colonisation culturelle, colonisation migratoire. C’est un peuple dont les dirigeants ne se battent plus, parce qu’ils ne l’aiment plus et ne le reconnaissent plus pour ce qu’il est. La France, ce n’est pas la droite, pas la gauche : la France c’est une terre, une civilisation, une culture, une économie, c’est un ensemble.

Le grand tort de certains souverainistes, c’est qu’ils procèdent par soustraction. Chacun essaie d’excommunier l’autre. Moi je ne veux pas voir mon pays disparaître, je ne veux pas voir la ruralité disparaître, notre civilisation disparaître, nos savoir-faire ancestraux disparaître, nos champions industriels disparaître et le droit des femmes disparaître. Chacun a une vision différente : Jean-Frédéric Poisson ne vient pas de la même famille. Moi je viens du RPR, plus laïc, lui vient du parti chrétien démocrate. Additionnons ! Nos différences font nos richesses.

Il faut ouvrir les yeux de nos concitoyens et leur dire clairement que Macron, c’est le liquidateur de notre pays, le syndic de faillite, le Bernard Tapie de la France, il ferme la boutique. Les autres préparaient la fermeture. Lui ferme. Et le fait cash. Il y a le feu au lac ! Tous les pompiers doivent prendre leur lance et éteindre l’incendie. Et éteindre l’incendie, c’est gagner : c’est sortir du délire intellectuel, car la perfection n’existe pas. Il faut gagner pour pouvoir agir ! C’est une question de survie, notre seul objectif : virer Macron, prendre le pouvoir, redresser notre pays et promouvoir notre civilisation.

 

 

 

Est-ce que pour le virer, tout est possible, même une alliance avec les mélenchonistes ?

Non, je ne pense pas que tout soit possible. Il y a encore une fois un immense peuple, ni de droite, ni de gauche, sur lequel a surfé Macron et qu’il a trompé. Ces électeurs peuvent se reconnaître dans nos valeurs. Il faut partir d’un projet : que voulons-nous ? On veut contrôler nos frontières, faire cesser l’invasion migratoire et en finir avec le terrorisme islamiste. On veut une économie forte ancrée dans le territoire. On veut une société juste, une solidarité territoriale et sociale. On veut défendre la famille. Cela passe bien évidemment par le retour de notre souveraineté pour décider de notre propre destin.

 

Mais vous-même, y a-t-il des choses que vous ne lâcheriez jamais ? Si l’on vous dit demain que vos électeurs se foutent de la PMA, que faites-vous ?

La maison brûle, je veux récupérer la souveraineté, la capacité de défendre la France. Après, il y a des débats de société sur lesquels j’ai mes positions. Il y a des choses pour moi inacceptables, comme la PMA et la GPA, il n’y a pas de droit à l’enfant, mais un droit de l’enfant ; celui d’avoir un papa et une maman.

Sur le reste, c’est justement l’intérêt de la démarche participative, que nous initions avec Jean-Frédéric Poisson, afin de préciser nos positions et adapter notre combat au monde d’aujourd’hui. Le grand défi de l’avenir, c’est d’empêcher la marchandisation et la fabrication d’êtres humains comme cela se passe aux États-Unis. La ligne directrice, c’est la défense de la dignité humaine et une majorité de Français en est convaincue, je le pense.

Notre pays est en train de disparaître. Voilà ce qui est le plus important. C’est la seule chose qui me motive : stopper cet engrenage du déclin

Contre l’islamisation, quels seraient vos moyens de lutte ?

Il faut bien poser le problème : il y a un problème d’immigration et un problème de communautarisme. On peut n’avoir aucune immigration et beaucoup de communautarisme. On peut avoir beaucoup d’immigration et moins de communautarisme. L’idéal, c’est d’avoir moins d’immigration et moins de communautarisme.

Ce qui va être précisément utile, c’est de savoir quelles mesures les Français voudront prendre : sur les signes ostentatoires, sur le fonctionnement du culte musulman, sur le contrôle des frontières, sur les expulsions, sur le développement de l’Afrique. Je ne suis pas là pour exposer mon programme : je suis là pour qu’on encourage nos électeurs à aller à l’essentiel pour contraindre les appareils politiques à présenter une coalition de gouvernement.

En 2017, le « système » a vu le danger et s’est organisé pour l’élection de Macron : il a vu que le peuple français avait voté non en 2005, que l’Europe était contestée par les peuples, le Brexit… Pour se sauver, il a trouvé un beau produit marketing. Il est allé à l’essentiel, a fait de la politique et a gagné. J’ai le sentiment que mes amis des différents cercles et partis n’ont pas compris les conséquences de la recomposition en cours.

Le choc Macron nous oblige à cesser nos divisions. Il ne faut pas fermer les yeux sur l’évolution de la société française. Sur l’évolution du monde non plus : j’étais aux États-Unis, j’ai vu leurs innovations sur l’intelligence artificielle, sur laquelle nous sommes totalement dépassés en Europe. Nous avons également un aggiornamento scientifique, culturel et politique à faire.

 

N’y a-t-il pas quelque chose à sauver chez Macron, comme son ministre de l’Éducation nationale ?

Macron est un traître à la patrie. Il vend la France en morceaux, ce qu’il a fait avec Alstom et General Electric, par exemple. Réalisez encore ce qu’ils font avec l’affaire du drapeau européen. M. Blanquer ? Oui, on peut devenir un Land allemand avec une école qui marche… Et alors ? Le problème, c’est l’échelle de valeur : l’Afrique va passer d’un à deux milliards d’habitants en vingt ans.

Je suis l’un des seuls à en avoir parlé pendant la présidentielle. Il y a des défis géopolitiques fondamentaux, sur lesquels il n’y a aujourd’hui aucune réflexion, aucun projet. Les Etats-Unis et la Chine font une conquête scientifique prodigieuse et nous sommes complètement largués ; nos entreprises sont bradées à l’étranger, le fondamentalisme est à nos portes, en contradiction totale avec notre système de valeurs, notre système social est à bout de souffle.

Notre pays est en train de disparaître. Voilà ce qui est le plus important. C’est la seule chose qui me motive : stopper cet engrenage du déclin. C’est pour cela que j’ai quitté l’UMP en 2007, bâti Debout la France, puis soutenu Marine Le Pen dans l’entre-deux-tours, ce qui n’était pas facile, croyez-moi. Mais je l’ai fait parce que je pense que c’est maintenant ou jamais et que je suis convaincu que notre peuple, si on lui propose des choix clairs, est capable de se relever.

Cela ne sert à rien de faire de la politique, si l’on ne gagne pas. Nos électeurs en ont assez de ne pas gagner. C’est ce qui explique la crise au FN. Et ce qui expliquera la dislocation prochaine des Républicains. Notre boulot à nous, c’est de gagner, pour sauver notre pays.

 

Quelles sont vos trois priorités ?

La conquête scientifique et intellectuelle ; le problème migratoire ; le dynamisme économique. Et j’en ajoute une quatrième : la famille.

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