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Notre-Dame de Paris plus islamique que catholique ? La conjuration des imbéciles

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Publié le

5 octobre 2020

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Dans sa course en avant pour « déconstruire » les peuples européens, la presse de gauche a pris l’habitude de défendre sans sourciller les thèses les plus absurdes. Dernier exemple en date : les origines islamiques de Notre-Dame de Paris. Seule solution face à cet avachissement de la pensée : ne pas tomber dans le piège de l’argumentation, mais choisir la stratégie de la dérision.
Notre Dame

Les différences entre les sexes ? Le patriarcat carniste de Cro-Magnon ! (Slate) L’homophobie dans de nombreux pays africains ? Un héritage de la colonisation ! (Courrier international) Les Vikings ? Un peuple métissé… (Sciences et avenir) Si vous êtes régulièrement atterré et désespéré par l’absurdité des arguments mis sur pieds dans la presse et sur les réseaux sociaux par les tenants de la « déconstruction », tenez bon : ce n’est que le début d’une guérilla idéologique qui fait feu de tout bois, quitte à dire n’importe quoi.

Car en vertu de l’expression usée jusqu’à la corde : « ils osent tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Les journalistes de gauche repoussent en effet chaque jour un peu plus les limites de l’absurde. Mais faut-il tout de même prendre de temps de leur répondre sur le terrain de l’argumentation rationnelle ?

La cathédrale islamique de Notre-Dame de Paris

Dans ces papiers publiés dans la presse généraliste ou de vulgarisation scientifique, la méthode est systématiquement la même : on choisit savamment quelques minces éléments historiques et on exagère le tout en en tirant de grossières conclusions idéologiques, annoncées fièrement, en gros titre. L’Histoire et la Science sont ainsi systématiquement détournées pour correspondre à l’agenda antiraciste, islamophile ou féministe contemporain.

De vagues points communs qui ne prouvent aucune influence directe, encore moins sur un style aussi complexe et riche que le gothique, mais qui permettent à l’auteur de conclure celui-ci ne serait qu’un dérivé de l’architecture islamique

L’exemple archétypal a été atteint cet été avec un article publié dans The Guardian et repris joyeusement par Courrier International. Intitulé « Notre-Dame de Paris, un édifice pas si catholique », l’article prétend démontrer, preuves à l’appui, les origines islamiques de l’architecture gothique ! L’auteur de l’article, s’appuyant sur les travaux d’une « historienne », relève ainsi de vagues similitudes esthétiques entre les arcs brisés, caractéristique de l’art gothique, et certaines voûtes du Dôme du Rocher à Jérusalem (petit problème : nulle trace de ces fameux arcs sur place, mais admettons). Il souligne aussi des similarités entre la façade de Notre-Dame de Paris, et celle d’une église syrienne du Vème siècle. Sur ce dernier point, on cherchera d’ailleurs le rapport avec la « culture islamique », étant donné qu’il s’agit d’une église, bâtie qui plus est cent ans avant le prophète Mahomet. Un bel amalgame entre monde arabe et monde musulman, digne d’un mauvais collégien.

De vagues points communs qui ne prouvent aucune influence directe, encore moins sur un style aussi complexe et riche que le gothique, mais qui permettent à l’auteur de conclure celui-ci ne serait qu’un dérivé de l’architecture islamique ; que les francs auraient « volé » les musulmans ou encore, accrochez-vous, qu’une ville comme Venise serait plus « arabe qu’européenne ». Des arguments historiques bancals et vides de sens, mais qui n’empêchent pas les auteurs de se livrer à des conclusions détonantes. On commence à connaître la recette, à force de voir fleurir ce type d’articles. Les commentaires sur les réseaux sociaux – furieux ou enthousiastes – favoriseront le référencement tandis que le papier sera partagé des centaines de fois par ceux qui partagent cette conviction : l’Europe ne doit rien à son génie propre, elle doit tout aux autres civilisations.

Lire aussi : Notre-Dame calcinée, Notre-Dame humiliée, Notre-Dame ressuscitée !

Mais pour comprendre comment de tels médias, considérés autrefois comme sérieux, peuvent publier de tels papiers, il faut garder à l’esprit que ce n’est plus l’article qui compte, mais seulement son titre. En 2016, une étude démontrait que 60% des internautes commentaient et partageaient des articles de presse sans même les avoir lus, uniquement en se contentant de leurs intitulés. Ces journalistes le savent, et dès lors ce type de publications ne sont plus des articles de presse, ce sont des tracts. Ce ne sont plus des titres, ce sont les slogans militants. De facto, répondre sérieusement à ces délires post-modernes prétendument étayés par la science est une perte de temps inutile. Pendant une campagne électorale, qui s’arrête sur un marché pour démonter, point par point, le tract politique d’un adversaire ? Personne. On n’aliène pas un slogan par la raison, mais en le ridiculisant.

La contre-guérilla idéologique : la dérision

Pour filer la métaphore militaire, il ne s’agit plus de guerre conventionnelle (un débat d’idées rationnelles entre gens de bonne foi), il s’agit d’une guérilla idéologique, qui n’hésite plus à utiliser des arguments fallacieux et malhonnêtes en matraquant des articles de presse aux intitulés tapageurs. L’objectif final : inciter les peuples européens à se couper de leur passé.

Désormais les armes ont changé et les fossoyeurs de l’identité européenne ne s’encombrent plus d’arguments un minimum sérieux et défendent désormais les thèses les plus absurdes

Nous ne sommes plus en 2008, quand une partie des élites intellectuelles et universitaires, furieux qu’on puisse remettre en cause le rôle des Arabes dans la transmission des savoirs grecs, étaient montée au créneau dans la presse de gauche pour disqualifier la parution de l’ouvrage « Aristote au Mont-Saint-Michel » de Sylvain Gouguenheim. Les débats d’alors n’étaient pas exempts d’anathèmes caricaturaux, mais ils portaient encore sur le terrain des idées.

Désormais les armes ont changé et les fossoyeurs de l’identité européenne ne s’encombrent plus d’arguments un minimum sérieux et défendent désormais les thèses les plus absurdes, allant jusqu’à prétendre à l’existence d’origines islamiques à l’architecture gothique. Dans ces conditions, il ne faut plus répondre au message, mais s’en prendre à l’émetteur. Ne plus débattre du sujet, mais délégitimer celui qui en parle. Il faut systématiquement, « en groupe, en ligue, en procession », sur Facebook et à chaque repas de famille, rappeler que le journaliste est menteur et que sa propagande ne prend plus. Attirer les rieurs de notre côté en mettant en lumière cette grossière et piteuse stratégie qui consiste à dire n’importe quoi, tant que cela alimente l’agenda progressiste.

Lire aussi : La gauche ne sait pas mèmer. Sur la philosophie du mème

Deux atouts dans notre besace : la haine des Français à l’égard des journalistes et la culture internet, formidable vivier pour tourner en dérision ces petits scribouillards d’une Pravda auquel de moins en moins de nos concitoyens accordent leur confiance. Cessons de débattre avec la gauche de ses outrances, il faut lui rire au nez à gorge déployée pour mieux la mettre à nue. Un seul mot d’ordre : se moquer de ceux qui ont perdu la raison en croyant à leurs propres mensonges.

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