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La victoire de l’équipe de France lors de la Coupe du Monde 1998 a été l’occasion de vendre à la jeune génération la promesse d’une France unie et métissée, « la France Black-Blanc-Beur ». Vingt ans après, quelles conclusions en tirer ?
Stade de France, samedi, 12 juillet 1998. Après 93 minutes de jeu, Emmanuel Petit crucifie l’équipe brésilienne, enfonçant le clou après un magnifique doublé de Zinedine Zidane. Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France remporte la Coupe du Monde. À domicile. La liesse est générale, les Français déferlent dans les rues pour communier autour des vainqueurs.
Le lendemain, les Bleus défilent sur les Champs-Élysées entourés d’une foule compacte. J’allais sur mes sept ans, et j’y étais. Les journalistes ne tarissaient pas d’éloges au sujet de cette équipe métissée, qui représentait la France telle qu’elle devait être : black-blanc-beur, tous main dans la main.
Je suis de cette génération. Cette génération « United Colors of Benetton », cette génération à qui l’on vendait dans Taxi qu’un jeune maghrébin marseillais pouvait aider un flic blanc à amener des criminels (allemands) devant la justice. Une génération biberonnée aux blockbusters navrants qui faisaient l’éloge de la culture de banlieue, et où le flic ou le Français était toujours beauf, raciste, et ne comprenait rien aux merveilles de la jeunesse. La génération à qui l’on a donné Jamel Debbouze en modèle, et qui maintenant crache sur Michel Audiard.
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Mais cette génération idyllique, cette France black-blanc-beur, a-t-elle un jour existé, ne serait-ce qu’au sein même de cette équipe de France utilisée pour promouvoir cette idéologie ?
En 2001 est organisé au Stade de France un match amical entre la France et l’Algérie. Amical, le mot semble mal choisi tant cette rencontre sentait l’hostilité. À la 76e minute de jeu, la pelouse du stade est envahie par des hordes de « jeunes ». La Marseillaise est sifflée, le match annulé. Un pathétique article de Gilles Verdez y voit le « cri de jeunes venant de cités abandonnées par les pouvoirs successifs ». Toujours la faute de cette méchante France.
Petit à petit, de nombreux joueurs refusent de chanter la Marseillaise. Le pompon est atteint le 13 novembre 2015, lorsque Karim Benzema crache durant l’hymne national. Hélas, cet acte mesquin ne sera pas la plus triste partie de la soirée, qui sera marquée au fer rouge par la France black-beur.
Anelka racaille en chef
En parallèle, les joueurs musulmans ont imposé leurs règles. Les buffets devaient être exclusivement halal, et Vikash Dhorasoo a payé de sa place en équipe de France le fait d’avoir dénoncé cette situation. « Cette équipe représente la France des banlieues, la France des ghettos, des quartiers populaires qui sont devenus très durs. Je viens d’un milieu ouvrier, mon père travaillait; Deschamps, Blanc aussi. Mais aujourd’hui, dans les quartiers populaires, le pouvoir a été abandonné aux caïds, et c’est ce qu’on retrouve en équipe de France », s’effarait-il dans Le Monde.
Une France des banlieues qui a pris le pouvoir lors du déplorable scandale du bus, en 2010, lorsque les joueurs se mettent en grève pour protester contre l’exclusion de Nicolas Anelka, racaille en chef qui avait insulté le sélectionneur Raymond Domenech. « Va te faire enculer, sale fils de pute », aurait dit le joueur au sélectionneur. Des propos graves, mais qui pour quelqu’un comme Patrick Evra ne sont pas problématiques : « Le problème de l’équipe de France, ce n’est pas Anelka, c’est le traître qui est parmi nous, il faut le dire. Comment cette chose a pu sortir dans la presse ? Il n’y a que nous, les joueurs et le staff, qui savions. C’est ce traître qu’il faut éliminer du groupe », déclare-t-il à la presse. La loi de l’omerta, comme dans les banlieues où s’opposer aux trafics peut vous valoir la mort.
Le réel prouve désormais que le vivre-ensemble n’a jamais été possible ni envisageable, ni dans le football, ni dans les rues. Nous rêvions d’intégration, nous n’avons eu que la communautarisation. Maintenant, il ne reste plus le choix qu’entre la charia et la reconquista.
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