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#NousLesPremiers

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Le confinement a ceci de merveilleux qu’en obligeant les « penseurs » et « créateurs » à rester chez eux, il suscite le bouillonnement de lave de ce volcan sous pression d’où sortent régulièrement, comme des coulées incandescentes, des initiatives dont le grotesque absolu nous permet de mieux supporter notre situation parfois pénible.

 

Ainsi, après « La Meute d’amour » lancée par Marion Cotillard, et son « Académie du monde d’après », voici que France info publie une lettre ouverte d’« élus, personnalités publiques ou citoyens » qui « s’adressent à Emmanuel Macron pour dessiner le « monde d’après » » sous la dénomination #NousLesPremiers (sic).

« Ils sont prêts à prendre leur part pour « dessiner ensemble un chemin » pour sortir de la crise du coronavirus » nous dit Franceinfo. En fait, comme avec l’épisode risible de Nuit debout, une fabuleuse Cour des miracles, mêlant représentants les plus ringards du gauchisme culturel, fonctionnaires de la bien-pensance, épaves du politiquement correct et archéo-associatifs, entend poser les bases d’un « projet commun » qui ne saurait en tout état de cause concerner que les riches parisiens partis se confiner dans le Lubéron, quelques retraités de l’enseignement et des intermittents du spectacle.

 

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« Nous souhaitons que ne soient pas refaites les erreurs du passé. » Qui le voudrait, mais que faire pour cela ? Mettre en place « une méthode démocratique pour élaborer un plan de relance juste et durable, puis un grand plan de transformation de la société ». D’abord, en permettant « à chaque citoyen de participer à construire le « monde d’après » en faisant entendre son point de vue et ses idées à travers des canaux de contribution divers ». Ensuite, en mettant « en place des Fabriques de la Transition au niveau local ainsi qu’un Conseil national de la Transition ». Enfin, en préfigurant « une Assemblée citoyenne du futur » devant « définir les grands principes d’un plan de transformation du pays, et établir des recommandations pour l’échelon européen, en vue de construire une société plus juste et plus résiliente ».

Nihil novi sub sole, on retrouve les antiennes de cette démocratie participative sur laquelle – et par laquelle – une certaine gauche entend bien imposer sa marque. Flottant à la surface de cela, quelques élus et chefs d’entreprises entendent se donner une image humanitaro-écologique qui, pensent-ils, leur vaudra quelques votes et soutiens, tandis qu’une foultitude de commensaux, conseillers, consultants, « acteurs », y voient la porte ouverte à de nouvelles subventions. Et les longues listes de signataires sont instructives.

 

Flottant à la surface de cela, quelques élus et chefs d’entreprises entendent se donner une image humanitaro-écologique qui, pensent-ils, leur vaudra quelques votes et soutiens, tandis qu’une foultitude de commensaux, conseillers, consultants, « acteurs », y voient la porte ouverte à de nouvelles subventions. Et les longues listes de signataires sont instructives.

 

Des élus donc, avec par exemple les maires de Rennes, Nantes, Roubaix, Paris et Grenoble bien sur, le président de l’Association des Maires Ruraux de France, que l’on a connu mieux inspiré, la présidente de la région Occitanie et quelques députés. Puis des « représentants de la société civile » parmi lesquels Yann Arthus-Bertrand, Corinne Lepage, Audrey Pulvar, la Gilet jaune Priscillia Ludosky, le producteur Dominique Besnehard, quelques professeurs de science politique, les présidents de la MGEN, de la Camif, du Slip Français, du Crédit coopératif, de Max Havelaar, d’Ulule et de France Nature Environnement. Enfin, une foultitude de dirigeants d’associations ou de sociétés de conseil aux noms baroques. Citons, en vrac : Civocracy, Solucracy, Démocratie Ouverte, l’Institut des Futurs Souhaitables, Villages en Transition, LUberon CItoyen SOLaire (LUCISOL), Supplément d’Âme, Co-Gitons.fr, Mieux Voter, Halles Civiques, Together For Earth, On est prêt, La Compagnie Générale des Autres, Université du Nous, Notre Affaire à Tous, lobby-citoyen.org ou Tribe to be inspired.

Mais le meilleur vient sans doute quand les derniers signataires, les « citoyens engagés », se définissent eux même, et que l’on relève au hasard de ces auto-désignations : Citoyen et associatif engagé dans son quartier ; Architecte de liens et de croissance ; Concertant et engagé pour la transition citoyenne à Saint Ouen ; Eco-hébergeur gîte de groupes Terre des sens ; Accompagnatrice de projets engagés ; Blogueur et formateur ; Designer / Permaculturiste / Activiste ; Citoyenne, formatrice et facilitatrice en intelligence collective et créative ; Bibliothécaire engagé ; Citoyenne écologiste et responsable ; Anthropoconteur à l’Institut des futurs souhaitables ; Enseignante retraitée ; Citoyenne impliquée ; Éveilleuse de Conscience ; Consultant et acteur associatif ; Journaliste et praticienne de la participation citoyenne ; Activateur de lien ; Associatif engagé dans les quartiers populaires.

 

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Quand il a fini d’essuyer ses larmes de rire, le lecteur de ce fatras, où l’on ne sait si l’autosatisfaction la plus insane (ne serait-ce que dans ce #NousLesPremiers !!) prime ou non le conformisme le plus bêlant, redevient sérieux. D’une part, parce que si d’improbables crétins enfoncent ici des portes ouvertes, c’est au profit de réels escrocs, notamment et notoirement spécialisés dans le racket des collectivités territoriales – « c’est pas grave, il y a un budget pour cela ». D’autre part, parce que ce flatus vocis n’a d’autre but que de couvrir les véritables revendications de la population, au premier rang desquelles celle d’être débarrassée d’un certain nombre de parasites prétendant sans aucune vergogne penser pour elle.

 

 

Car chacun sait que ce sont les mêmes, les « bibliothécaires engagés » et les « éveilleuses de conscience », qui nous ont conduit où nous en sommes, tout autant que les lobbies financiers mondialistes qu’ils prétendent dénoncer, car c’est avec eux, et pour eux, qu’ils ont lutté contre la nation, l’héritage et la tradition. Ils ne sont qu’un des visages du progressisme, et ne veulent jamais qu’une fuite en avant qui profitera à nouveau aux mêmes lobbies, à peine déguisés sous les green et social washing. Ils restent ce qu’ils ont toujours été : les idiots utiles du capitalisme.

Alors, vous, je ne sais pas, mais moi, même je ne voudrais pas paraître vieux jeu, ni encore moins grossier – l’homme de la Hague, parfois rude, reste toujours courtois -, la vérité m’oblige à vous le -dire : ces citoyens-là commencent à me les briser menues !

 

Par Christophe Boutin

 

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