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Philippe Muray ou l’Homo Prophetus.

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@DR

Il y a eu un avant, un pendant et un après l’histoire. Le regretté Philippe Muray l’avait compris. Il nous l’avait enseigné.

 

A l’instar de Samuel Huntington et son clash of civilisations, article plus que prémonitoire, la notion de festivisme et son éclat depuis l’ère Jack Lang en ministre de la culture a plus qu’été prouvée. La Techno-Parade, la Gay-Pride (nommée désormais la fête de la diversité, comme quoi, chacun y trouve son compte. Le mangeur de Quinoa comme l’amateur de chips bio, l’anti-corrida et l’anar. Bref, tout ceux que Muray critiquait, car ils étaient et sont encore les dignes représentants du post-modernisme de pure souche.), ou encore la fête de la musique (bonne idée sur le fond tout de même, il faut l’avouer… si tant est de faire découvrir celle-ci, et non pas du « son ») en sont des illustrations plus que parfaites.

Muray est l’un des derniers penseurs contre révolutionnaire des temps modernes. Une simple phrase peut le prouver. Dans son Empire du Bien, il écrit : « l’avenir de cette société est de ne plus pouvoir engendrer des opposants ». Telle était la conception de la contre révolution qu’incarnait Muray, ou qu’incarnent encore aujourd’hui des intellectuels comme Jean-Claude Michéa ou Patrick Buisson : la notion d’opposant. Dans cette ère festive, seuls certains sont encore présents pour lutter contre la sur-festivité. Faire la fête, la faire à n’importe quel prix, quelque qu’en soit la raison, car tout est occasion de faire la fête. En ayant théorisé ce festivisme, Philippe Muray s’est placé en défenseur de la tradition, de l’intelligence et de réflexion sur la dérive du monde actuel. Enfin, pour en terminer avec la pensée festiviste, Muray s’est surtout insurgé contre la fête de la musique, qui était pour lui le summum de ce que l’on pourrait appeler le syndrome du mouton : « C’est bien commode, la musique, pour achever de vous convertir. C’est admirablement conçu pour vous rendre cool, sympa, communautaire, harmonique. Ça efface toutes les ombres et les critiques. » Dans l’Empire du bien, paru en 1991, il décrivait déjà le nouvel ordre moral.

Il était un véritable homme de Lettres, l’un des rares, et surement à raison, à ne pas séparer Louis-Ferdinand Destouches de son œuvre

 Prenez l’exemple type de certaines facultés de Lettres françaises. Celles-ci correspondent admirablement au modernisme critiqué par Muray. Le « campus » étant copié sur le modèle américain des années 1960, tant concernant l’architecture et les idées diffusées (vous savez, ces idées du genre « l’amour triomphe sur la haine », une minute de silence et un ballon et  We are the world  en hommage à n’importe quel événement tragique, dont le gourou actuel est Justin Trudeau. Le cool, le swag, la fin d’un système. Il faudrait presque plaindre Marc-Aurèle et la décadence de son empire ! « La dictature du cool mon frère ! »). Ce festivisme fait corps avec les cours ! C’est grâce à certains professeurs de talents, et brillants, qui sont soit d’un héritage contre-révolutionnaire soit d’un héritage purement Proudhonien (celui-ci est probablement le meilleur.) dont on peut sentir une solidarité d’adaptation, d’intellect et de débat réel, que ces Facs peuvent encore tenir la route, intellectuellement parlant s’entend.

Philippe Muray n’était pas seulement le philosophe, il était un véritable homme de Lettres. Il est l’un des rares, et surement à raison, à ne pas séparer Louis-Ferdinand Destouches de son œuvre (que ce soit Bagatelle pour un massacre ou Voyage au bout de la nuit). Comment de ne pas comprendre l’offuscation face à l’homme qui a terminé à Sigmaringen, en compagnie d’une «  bande de joyeux démocrates » représentée par Laval ?

 

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Enfin, ce fut un romancier de renom, il démontre la fin d’un temps. Tout murayien serait d’accord pour relier leur maître à Georges Orwell, pour relier son ouvrage de 1997, On ferme, à 1984, car l’infantilisation et l’encadrement intellectuel sont les sujets principaux des deux œuvres. Nous vivons ce temps, sachons le vivre à contre-courant !

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