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Pour une contre-histoire de l’animation française

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Publié le

17 décembre 2023

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Pas de Kirikou ou de Persepolis dans notre sélection, mais des films à contre- courant qui ont fait l’excellence de l’animation française.
© DR

Ladislas Starewitch, russe passionné d’entomologie, choisit la France pour produire le premier long-métrage d’animation de l’histoire, Le Roman de Renard (1930). Des saynètes jouées par des marionnettes en fil de fer dans une ambiance crépusculaire qui fera date.

Impossible de ne pas évoquer Le Roi et l’Oiseau (1952), chef-d’œuvre de Paul Grimault qui inspira des générations de cinéastes. Prévert au scénario, Wojciech Kilar à la musique… une équipe de rêve pour un long-métrage indémodable, dont le final jusqu’au-boutiste reste à jamais dans les mémoires. Rares sont les films qui ont su à ce point saisir l’étoffe des rêves.

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La Traversée de lAtlantique à la Rame, de Jean-François Laguionie (1978) : Une dérive onirique, à la lisière de l’angoisse, servie par l’approche graphique unique de Laguionie, qui rappelle la peinture symboliste et impressionniste.

Le franco-polonais Piotr Kamler signe avec Chronopolis (1983) un incroyable métrage métaphysique, qui repousse les limites de l’animation en volumes. L’histoire ? Y en a pas. Chronopolis, c’est une cité tentaculaire, perdue dans l’espace, où d’étranges ouvriers aux allures de cosmonautes ont pour charge… de fabriquer le temps. Hallucinatoire, exigeant, parfait. Le film de chevet de Marc Caro, pour ne citer que lui.

À la lisière du film d’animation et du cinéma expérimental, L’Ange (1984) de Patrick Bokanowski est une expérience sensorielle incroyable, où les techniques hybrides d’animation, mêlant prises de vue de réelle, travail sur la pellicule, jeux sur le temps de pose, suscitent un vertige graphique inoubliable. Un peu comme si David Lynch rencontrait Magritte.

Lire aussi : Film d’animation : un genre Français

La Vieille Dame et les Pigeons (1997), de Sylvain Chomet : en 25 minutes, Sylvain Chomet, issu de la bande-dessinée, installe son style et brosse un contre cruel, d’une drôlerie implacable, dans un Paris métamorphosé par son coup de crayon inimitable. Une perle.

Mutafukaz (2017) : le seul film de la liste qui n’est pas à mettre devant tous les yeux. En adaptant sa propre BD, le dessinateur prodige Guillaume Renard signe un long-métrage hallucinant et survolté, puisant à la fois dans l’imaginaire des comics et des mangas, mais avec un esprit anarchiste qui explose tous les standards. Et en plus, c’est émouvant. Vos ados adoreront.

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