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Publicité à Lyon : quand les écologistes ont de bonnes idées

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Publié le

29 juin 2022

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Ils n’ont pas la lumière à tous les étages et pourtant, les écologistes ont parfois des illuminations. En effet, la métropole de Lyon a récemment pris un règlement limitant la place de la publicité dans l’espace public.
Doucet

Dès 2018, sous le mandat de Gérard Collomb, les discussions avaient commencé. Malgré une volonté générale d’avancer sur le dossier, la lenteur des délibérations avait conduit à l’abandon du sujet de la publicité. Cependant, peu de temps après son élection, le maire Grégory Doucet a repris les choses en main.

Fin 2021, la mesure est adoptée : reste à la faire « redescendre » dans toutes les communes de la métropole lyonnaise. Et ce 27 juin, devant l’ensemble des résultats qui approuvaient le règlement à 75 %, il a été définitivement adopté.

Une perte d’argent, une décision doctrinaire, ont fustigé certains. Sur les réseaux sociaux, on a vu rappliquer l’ensemble des droitards stupides cherchant à critiquer sous n’importe quel prétexte les écologistes. On condamne leur propension à interdire, leur inaction sur la sécurité, mais aucun compliment qui saluerait une décision profondément de droite. Déjà, durant sa campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon appelait au retour de la tranquillité, au silence, à la paix visuelle. Une forme de sérénité antimoderne que tous avaient applaudie. Le règlement du maire Grégory Doucet va ainsi dans ce sens : fin des publicités sur les bâches de chantier, sur les toits, extinction des enseignes lumineuses la nuit et réduction du nombre et de la taille des panneaux publicitaires, particulièrement dans les zones scolaires où ils deviendront presque absents.

Lire aussi : Pierre Gentillet sur le burkini : « Éric Piolle a gagné, il a fait plaisir à son électorat »

La publicité, fléau de la modernité

Mais alors, pourquoi saluer une telle décision ? D’abord, parce que l’influence ce la publicité sur l’homme est extrêmement puissante, voire dévastatrice. Plus d’un demi-siècle après l’explosion de la société de consommation, la publicité s’est taillé une place de choix dans nos villes, dans nos campagnes, sur nos réseaux sociaux. Responsable de ce qu’on appelle une « agression visuelle », elle n’est pas seulement une image lumineuse que l’on voit une seconde dans la rue, mais plusieurs milliers de micro-informations que notre cerveau reçoit, qui nuisent véritablement à notre mémoire en propageant la culture de l’instantané (le message publicitaire doit pouvoir être reçu en une demi-seconde) et en prenant de la place dans notre cerveau. L’expression « pollution visuelle » est alors tout à fait adaptée : les écologistes ont apparemment à cœur de nettoyer leur ville, et c’est bien.

L’un des prétextes avancés par la mairie était également sa volonté de réduire la consommation d’électricité dans la ville. En effet, à l’année, un panneau publicitaire consommerait autant que trois ménages français (chauffage non-compris). On ne va pas leur jeter la pierre : pour une fois que EELV s’oppose au capitalisme et promeut la décroissance. Loin de leurs lubies habituelles : éoliennes, fin des sapins et autorisation du burkini, les écologistes font, pour une fois, de l’écologie. Et pas n’importe laquelle : de l’écologie de droite !

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