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Pierre Gentillet sur le burkini : « Éric Piolle a gagné, il a fait plaisir à son électorat »

Ce mardi 21 juin, le Conseil d’État a retoqué l’arrêté municipal pris par Éric Piolle pour autoriser le port du burkini dans les piscines municipales. L’avocat Pierre Gentillet nous explique les fondements juridiques et conséquences politiques de cette décision.

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Le Conseil d’État a annulé la décision d’Éric Piolle qui visait à légaliser le port du burkini dans les piscines. De nombreux juristes avaient affirmé que la laïcité ne pouvait être invoquée pour retoquer la décision du maire. Qu’en est-il ?

Le raisonnement du Conseil d’État s’est fait in concreto. La position de la ville de Grenoble était : liberté de se vêtir. C’est une liberté constitutionnelle, soit. Or, une liberté ne s’exerce pas de manière illimitée, mais dans un cadre, dans le respect de l’ordre public.
Dans ce cas particulier, les limites sont le principe de neutralité et le principe de laïcité. C’est d’ailleurs au nom de ces deux principes que le Conseil d’État a apprécié la possibilité que les personnes concernées puissent aller à la piscine en burkini. Il se trouve que le Conseil d’État ne s’est pas arrêté à la liberté de vêtir. Il écrit dans son arrêt que cette liberté n’est qu’un prétexte pour céder à des revendications religieuses et que la mairie de Grenoble y a cédé. Dès lors, les considérations religieuses ne devaient pas avoir de place dans le service public puisqu’elles portaient atteinte au principe de laïcité.

Néanmoins, notons une réserve lourde de sens. Le Conseil d’État dit qu’il n’est pas exclu que le service public puisse tenir compte de revendications religieuses sans que cela porte atteinte aux principes de laïcité et de neutralité. Manifestement, le burkini est disproportionné. Pour autant, cette petite réserve signifie que le Conseil d’État admet que le service public peut –dans quelle mesure, nul ne le sait – se contorsionner à l’avenir pour s’adapter à des revendications de nature religieuse. On ne sait pas du tout où est le curseur aujourd’hui.

Ce n’est donc qu’une histoire de proportion ?

Tout à fait. Le burkini était démesuré et par conséquentattaquait la neutralité du service public. L’analyse du Conseil d’État pourrait évoluer avec le temps. La question mérite d’être posée : est-ce que le voile pourraitêtre autorisé dans les piscines ? Il faut que le Conseil d’État ait une position fixe.

Sur le plan politique, c’est évidemment une revendication communautariste. La mairie de Grenoble qui est écologiste, communautariste, woke et gauchiste a clairement joué cette carte. Je crois que le Conseil d’État a pris une bonne décision, en attendant de voir la suite. De toute façon, c’est un pansement sur une baignoire qui fuit ! Si le port du burkini s’invite dans le débat public, c’est qu’il y a un problème en amont. Si demain, une part croissante de la population est musulmane et vit dans une optique communautariste, tout cela va continuer ! Le problème est migratoire et ne risque pas de se résoudre durant ce quinquennat. Le propos juridique ne se détache pas d’un propos politique. [...]

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