« L’affaire Roland » a défrayé la chronique à Toulouse : que penser du phénomène des squats ?
Il existe deux types de squats bien différents : le squat commis par des personnes à la rue, dont l’action est légitimée par la nécessité ; et la « mouvance squat », caractérisée par de jeunes marginaux, issus de familles aisées et en rébellion contre le système. S’y côtoient les punks, les anarchistes, les zadistes, les blackblocks, des trotskistes, les antifas… C’est cette mouvance qui fait parler d’elle, son action étant par essence politique. J’ai eu à intervenir plusieurs fois dans des squats qu’ils avaient pris d’assaut. Ils repèrent des lieux non occupés, les investissent par effraction, mettent leur nom sur la boîte aux lettres, se font rapidement envoyer à leurs noms des courriers publicitaires à cette adresse, puis définissent entre eux les conditions d’occupation afin que le lieu ne se trouve jamais vide.
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Ce qui est particulièrement choquant, c’est leur tendance à saccager les lieux, tags sur les murs, excréments et urines dans les différentes pièces, dégradation du mobilier présent… Une fois en place, ils sont très difficiles à déloger et connaissent parfaitement les dispositifs permettant d’exploiter les faiblesses de la loi à leur profit, et ils n’hésitent pas à faire venir du renfort en cas de pression extérieure, notamment policière. Les propriétaires évincés sont souvent démunis. Il est compréhensible que face à cette injustice des collectifs se montent pour déloger les occupants, mais ils prennent un grand risque, judiciaire et physique.
Et dans le cas de Roland ?
C’est un cas particulier : ce qui a débloqué la situation, c’est l’intervention de Bassem Braiki, youtubeur racialiste et défenseur du communautarisme, très respecté par les « jeunes de cités ». Face à la détermination de ces gens aguerris, la poignée « d’anarcho-bobos » présents dans le squat a vite cherché un compromis. L’intervention de ces gens s’explique aussi par le fait que l’habitation de Roland est située non loin de grosses plateformes de deal. Des patrouilles de police plus fréquentes, ce n’est pas bon pour le trafic.
Il semble que certains quartiers soient désormais sous la domination d’une police parallèle, les trafiquants et les caïds, voire les islamistes. Qu’en dites-vous ?
C’est hélas très exact : comme pour les mafias italiennes, il existe une structure parallèle sur fond communautaire qui contrôle le territoire des cités grâce au trafic de stupéfiants et à diverses autres activités déviantes telles que le racket, le vol, l’extorsion, la prostitution… Une partie de cet argent sale est réinjectée dans des œuvres de « charité » locale. Les familles des jeunes impliqués dans le trafic bénéficient indirectement de l’argent gagné par ces derniers.
On vous demande d’être à l’image des trois singes de la sagesse : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Sauf urgence vitale, il ne faut pas agir
L’activité illégale est créatrice d’emploi : des postes basiques, mais très rémunérateurs, sont proposés en masse comme les « choufs », métier accessible dès 12-13 ans et dont la rémunération oscille entre 80 et 100 € par jour avec des avantages en nature comme canettes et kebabs à volonté. Phénomène plus récent, depuis 2015 environ l’islam radical a réussi une chose exceptionnelle : racketter les dealers. Contribution forcée ou entraide communautariste, on ne sait pas, mais ce qui est sûr c’est que si le trafiquant fait peur à la population, l’islam radical fait trembler le trafiquant.
Quel est le principal problème de la police aujourd’hui ?
Le manque de courage politique. Dans ces quartiers, les ordres sont de ne pas aller à l’affrontement, d’éviter la « provocation ». En d’autres termes, on vous demande d’être à l’image des trois singes de la sagesse : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Sauf urgence vitale, il ne faut pas agir. Pire, il faut fuir. Combien de fois sur les ondes, a-t-il été demandé aux patrouilles de ne pas faire de contrôle pendant la période de Ramadan ? De cesser la poursuite en cas de refus d’obtempérer ? De ne pas interpeller d’étrangers en situation irrégulière, car ce ne sont pas les bonnes heures de traitement par la Police aux Frontières ?
Vient s’ajouter l’inadéquation entre l’intervention policière et la réponse pénale. Un exemple concret : vous intervenez sur un cambriolage et interpellez en flagrant délit les individus qui commettent les faits. Vous avez les outils qui ont permis de forcer la fenêtre ou la porte et vous avez également un témoin oculaire, sauf que les individus n’ont pas de papiers, ils vous déclarent être mineurs et avoir 13 et 14 ans alors que visiblement ils ont la vingtaine, et enfin ne pas avoir de domicile fixe. Après la signalisation et l’audition dans les locaux de police, le procureur en charge du « Service de Traitement Direct » ou « Traitement en Temps Réel » vous prescrit de les relâcher avec une convocation en justice à une date ultérieure. Ils n’y viendront jamais, l’état-civil donné est certainement faux, et à peine dehors, ils vont commettre un nouveau cambriolage.
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Avec un tel système, on pourrait doubler le nombre de policiers que cela ne résoudrait en rien le problème de l’atteinte aux biens. La loi est souvent bien faite et les peines prévues, mais les magistrats ne les appliquent pas. Leur pouvoir d’appréciation leur permet de les minorer à discrétion. Et ils agissent en fonction de problématiques étrangères à leur mission de contrôle social, comme la surpopulation en établissement carcéral, ou encore l’impact sociétal que la décision peut engendrer (émeutes ou autre mouvement d’insurrection).
Y a-t-il un phénomène de bandes violentes à Paris, comme pourrait le montrer l’affaire Yuriy ?
Effectivement, mais Paris n’est pas plus victime de ce phénomène qu’une autre grande ville. L’affaire Yuriy a simplement été plus médiatisée, mais ces types d’agressions sont légion, y compris contre les forces de police. La surpopulation carcérale, le sentiment de permissivité induit par des sanctions laxistes de la part des juges, entraînent une dynamique de passage à l’acte beaucoup plus simple et rapide. Les délinquants connaissent le système par cœur, leurs droits, et les méthodes à employer pour minimiser les peines.
Certaines villes semblent sorties de la République, comme Trappes. Les responsables religieux y ont un poids énorme. Une réalité que vous connaissez ?
Dans certains quartiers, et même dans certaines villes-dortoirs, la pauvreté s’est accrue. Les gens s’y sont regroupés par choix ou par nécessité. Il s’est mis en place une forme d’entraide communautaire, de nouvelles normes s’y sont établies, une économie parallèle s’est instituée. L’islam comme religion est surreprésenté dans ces zones. Insidieusement c’est cette religion qui est devenue l’instance de socialisation primaire la plus influente. Dans une zone donnée, quand une religion prend le pas sur les autres institutions de socialisation primaire (comme la famille ou l’école), ses responsables religieux deviennent inévitablement les préfets et régulent les interactions, rythment la vie sociale quotidienne.
Il est impératif que la République française s’arme de courage et ose affirmer ce qu’elle est sur tout le territoire, et diffuser ses valeurs, de gré ou de force, sur l’ensemble de sa population
C’est tout le problème de la perte de repères que nous vivons aujourd’hui. Le gouvernement tente d’y répondre par un Beauvau de la sécurité qui n’est rien d’autre qu’un entre-soi qui ne débouchera sur rien d’autre qu’une énième incompréhension, et par une loi « contre les séparatismes » qui restreint toutes les religions pour répondre aux dérives d’une seule. Il est impératif que la République française s’arme de courage et ose affirmer ce qu’elle est sur tout le territoire, et diffuser ses valeurs, de gré ou de force, sur l’ensemble de sa population. La police, la justice et l’Éducation nationale y ont tout leur rôle et ce sont elles qui doivent être les organes de régulation sociale, pas les imams.





