Quitter l’islam

Crédit : L'incorrect

L’islam tue. Sa puissance de mort vient de frapper à nouveau le sol de France en décembre dernier, rappelant à ceux qui voulaient l’oublier que la menace terroriste que fait peser l ’islam est permanente.

 

Il faut dire que cela fait long – temps qu ’ils voulaient frapper la ville de Strasbourg et son traditionnel marché de Noël. Déjà en 2000, une tentative d ’attentat visant la cathédrale de Strasbourg avait été déjouée par les services secrets. Les militants du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) qui avaient effectué des repérages sur place depuis l’Allemagne avant d’être arrêtés, s’étaient écriés: « Voilà que nous franchissons la frontière franco-allemande. Voilà la Babylone française », puis devant la cathédrale de Strasbourg : « Voici la cathédrale des ennemis de Dieu ».

Et filmant les passants qui flânaient autour des chalets du marché de Noël, ils avaient ajouté : « Voici les ennemis de Dieu. Ils dansent et semblent heureux. Si Dieu veut, ils rôtiront en enfer » . La sentence a le mérite d’être claire.

Mais, me direz-vous dans une casuistique toute jésuite, il faut distinguer l ’islamisme au nom duquel de tels crimes sont commis, de l ’islam qui n ’aurait rien à voir avec une telle violence. C’est l’argument que reprennent en chœur hommes politiques, médias, clergé et tous les partisans d ’un vivre-ensemble d ’autant plus incantatoire qu ’il est devenu vide de sens, ne correspondant plus à la réalité d’une vie nationale qui prend de plus en plus des allures de partition voire de sécession dans certains quartiers.

 

Il est illusoire de vouloir instaurer un islam de France comme le souhaitent sans y réussir nos politiques. L’islam reste l’islam et s’il n’est pas monolithique dans sa stratégie, il le demeure dans son essence

 

C ’est également l ’argument que reprenaient la bouche en cœur tous ceux qui voulaient sauver le communisme lors du XXe congrès du Parti communiste de l ’Union soviétique en 1956, le stalinisme étant présenté comme une anomalie de parcours sans aucun lien avec le communisme originel de Lénine. Pourtant, nombreux sont ceux qui prennent conscience, au sein même du monde arabe, que l ’islamisme prend racine dans l ’islam.

Pour Abdennour Bidar, il est la maladie de l ’islam: « Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom dit-il aux musulmans, en parlant de Daech. Tu t’insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire… Mais c ’est tout à fait insuffisant… Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre – et il en surgira autant d ’autres monstres pires encore que celui-ci tant que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal ! »

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon: Face à face

 

Dans des termes similaires, le maréchal Al-Sissi qui a renversé les Frères musulmans d’Égypte en 2013, interrogeait ainsi les fondements de l’islam: « Est-il concevable que 1,6 milliard de musulmans puissent vouloir tuer une population mondiale de 7 milliards afin de pouvoir vivre dans leur monde? Ceci est inconcevable. Je dis ces choses ici, à Al-Azhar, devant les leaders religieux et les érudits. Vous ne pouvez pas voir les choses avec clarté quand vous êtes enfermés dans cette idéologie… Nous avons besoin de changer radicalement notre religion ».

Laissons donc les bons sentiments de côté pour revenir à l’essentiel. Comme le montre Jean-Frédéric Poisson, l’islam vise, partout où il s’installe, à instaurer la charia, c’est-à-dire une règle civile qui régit tous les domaines de la vie en société. La différence entre islam et islamisme relève uniquement de la stratégie, certains préférant la voie des urnes ou celle de la démographie pour établir la charia quand d’autres, plus pressés, privilégient les solutions violentes.

 

 

« Le musulman, rappelle Charles de Foucauld dans une lettre écrite à René Bazin en 1916, regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui, musulman, ou ses descendants; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ». C’est pourquoi, il est illusoire de vouloir instaurer un islam de France, comme le souhaitent sans y réussir nos politiques. L’islam reste l’islam et s’il n’est pas monolithique dans sa stratégie, il le demeure dans son essence.

De ce point de vue, le projet de révision de la loi de 1905 pour étendre son bénéfice à l’islam est un leurre. Il comporte de plus une grave menace, celle de la création envisagée d’un label « religion » délivré par l’État aux différents cultes qui auraient seuls le droit de s’en prévaloir. Mais est-ce bien le rôle de l’État de définir ce qu’est un culte ? Sur quel critère jugera-t-il qu’une messe se rattache comme telle à l’activité cultuelle ? La solution ne peut venir d’une telle prétention qui comporterait des accents totalitaires.

 

Crédit : Nicolas Pinet pour L’incorrect

 

Ce qu’il faut, c’est instaurer un rapport de force démographique, symbolique, juridique, culturel et spirituel. Démographique, parce que la bataille se joue d’abord à ce niveau là, avant que n’advienne le jour où la démocratie conduira arithmétiquement à l’instauration de la charia, ce qui induit notamment toute une série de mesures sur l’immigration. Symbolique, parce que notre paysage doit rester dominé par le clocher et non le minaret. Juridique, afin que notre droit ne fasse aucune concession aux tentatives détournées de halaliser notre législation. Culturel, parce que c’est en retrouvant la profondeur de nos racines chrétiennes que nous pourrons endiguer le vide consumériste et nihiliste sur le terreau duquel prospère l’islam. Spirituel, parce qu’in fine, se joue la question de la Vérité et du salut. La seule distinction qui vaille finalement, parce qu’elle est universelle, c’est celle des personnes et des actes.

Le seul amalgame qu’il faille éviter, c’est celui des musulmans et de l’islam. Car, de la même manière que les communistes ont vocation à sortir du communisme, les musulmans devront un jour quitter l’islam. Peut-être pour choisir le Christ, en tout cas pour sortir d’une idéologie qui les enferme et meurtrit notre vie publique en même temps. Souhaitons-leur cela pour eux comme pour nous.

Essayiste

bdumoulin@lincorrect.org

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