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Refonder la démocratie

Le suffrage universel direct est une abstraction mathématique. Attribuant une voix égale à chacun dans le secret de l’isoloir, il semble considérer la société comme un ensemble d’individus totalement rationnels et indépendants les uns des autres, de sorte qu’ils pourraient, tels des anges, décider du bien commun de la société sans être pollués par des influences extérieures.

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Cette société, naturellement, relève d’une vue de l’esprit tant les hommes sont reliés entre eux, et parfois malgré eux, par une alchimie subtile de relations organiques qui constitue précisément le corps social avec sa part irrationnelle de représentations mentales, de croyances ou de préjugés. Ainsi, l’élection est avant tout un moment communautaire où le peuple se rechoisit et se retrempe dans sa volonté de vivre-ensemble. Comme le souligne Pierre Manent dans son Cours familier de philosophie politique : « La démocratie, c’est la volontarisation de toutes les relations et de tous les liens » dans une forme d’auto-engendrement permanent.

Si l’on veut que l’exercice démocratique puisse bénéficier d’un minimum de légitimité, la plebs doit être éduquée

Mais pour que cet exercice soit fécond, il suppose le respect d’un certain nombre de prérequis sans lesquels toute élection reste vaine voire débouche sur la pire forme de totalitarisme qu’il soit. Ces conditions, qui concernent la structure même du peuple, sont au nombre de trois : le peuple doit être homogène culturellement ; il doit être à taille humaine ; ses citoyens doivent bénéficier d’un certain niveau d’éducation. […]

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