Skip to content

Rentrée littéraire : nos recensions (1/2)

C'est la rentrée littéraire ! Premier volet des recensions de L'Incorrect, par Bernard Quiriny, Romaric Sangars, Anne-Sophie Yoo et Jérôme Malbert.

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

DÉBUTS TONIQUES

Grande couronne, Salomé Kiner, Christian Bourgois, 290p., 18,50€

Fin des années 1990, grande banlieue, la vie d’une lycéenne ordinaire, parents divorcés, milieu ni pauvre, ni favorisé. C’est encore une gamine qui mange des BN au goûter, mais déjà une grande qui se laisse embringuer, par transgression, curiosité, naïveté, dans un réseau qui la fait se prostituer gentiment pour cinquante francs la pipe, le mercredi. Ça pourrait être misérabiliste et ridicule, mais Salomé Kiner a doté son héroïne d’un bagout désarmant qui la rend attachante et vivante. L’auteur allume les clignotants pour reconstituer l’époque et l’univers d’une ado – noms de marque, accessoires, etc., et offre avec Grande Couronne un premier roman tonique, drôle et triste, qui a le bon goût de ne porter aucun message en bandoulière. Bernard Quiriny

CLERC OBSCUR

Cave, Thomas Clerc, L’Arbalète / Gallimard, 288p., 19€

Dans Intérieur, livre publié en 2013, Thomas Clerc décrivait exhaustivement son appartement. Un jour, une interlocutrice lui demande s’il a entièrement accompli sa tâche. Dans l’escalier qu’il monte pour revenir chez lui, l’écrivain a soudain une illumination : « Vous avez raison, madame. J’ai oublié la cave. » Autant dire : l’inconscient, le pulsionnel, le refoulé. Ce nouveau livre vient donc pallier cet oubli. Superbe argument, style précis, élégant, on a vraiment envie de suivre Clerc au fil de cette cave obscure et sans fond qu’il explore (à travers une faille, le lieu mène ensuite à différentes salles, cinéma à la diffusion démente et désordonnée, scène de théâtre, animateur lynchien, peep show dérisoire...) Le lecteur retrouve, enseveli sous une langue aux typographies singulières, la liberté et la profusion d’une certaine littérature expérimentale des années 70, mais malheureusement, toute cette inventivité tourne un peu à vide et l’on ressort sonné mais sans véritables illuminations de cette plongée pourtant si audacieuse. Romaric Sangars […]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest