Le problème du syndicalisme, outre le désintérêt des Français, c’est sa laideur. La réforme des retraites et la forte mobilisation qu’elle provoque ne changent rien à l’affaire. Non seulement les classes populaires sont les grandes perdantes de la mondialisation mais il faut que la laideur vienne en rajouter une couche à l’humiliation. Les cortèges de la CGT ou de la CFDT sont constitués par des camionnettes utilitaires, coiffées d’ignobles ballons gonflés à l’hélium. Une invasion de signes et de couleurs criardes animées par une mer de drapeaux synthétiques « Made in China ». Heureusement, quoique fasse la modernité dégénérée, la main de l’homme persiste. Les pancartes faites maison surgissent dans la foule. Créatives, méchantes et parfois drôles. Dans le contexte actuel, c’est déjà ça !



« L’histoire se répète toujours deux fois » disait Karl Marx « la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce ». La gauche joue sa Révolution française périodiquement depuis deux siècles. Aujourd’hui comme spectatrice, elle simule une soif pour le sang dans un grand carnaval. Une jeune femme porte une pancarte appelant aux guillotines pour lutter contre la réforme des retraites. Où sont les guillotines d’aujourd’hui ? « Il semble » me répond-elle « qu’il en reste une, au fort de Creil ». Nous voilà rassurés.
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