Le premier numéro de la revue Dynastie est paru en novembre dernier. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Notre revue est un « mook » trimestriel, entre le magazine et le livre. Nous tenions à ce que ce soit un bel et agréable objet à conserver. Notre premier grand dossier est consacré aux Capétiens et notamment au sujet du sacre, depuis Hugues Capet jusqu’à Charles X. Ensuite, nous avons eu un grand entretien avec Stéphane Bern et la Grande Duchesse du Luxembourg. Avec Dynastie, nous relançons en fait un magazine paru de 1985 à 1987, dirigé à l’époque par Stéphane Bern. Ce dernier nous aide d’ailleurs dans la mesure de ses moyens car il est heureux de la direction que prend le journal qu’il avait fondé il y a plus de 30 ans.
Votre revue se revendique-t-elle du royalisme ?
Non, ce n’est pas une revue politique. Il est vrai que nous nous intéressons aux familles royales, mais surtout en ce qu’elles ont de familial et dynastique. Nous voulons montrer comment les familles font l’histoire. Il se trouve que parmi ces familles, certaines sont plus emblématiques et matricielles : les familles royales. Cependant, nous nous intéressons à tous les types de dynasties, et nous nous pencherons aussi sur des familles d’artisans, d’industriels, d’artistes ou même les familles plus ordinaires. Les familles royales n’en sont qu’un type.
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Votre objectif est donc culturel ?
Nous souhaitons travailler à la restauration culturelle. L’histoire est évidemment notre premier sujet, mais nous nous penchons aussi sur le patrimoine, la littérature, la musique, etc. Il faut défendre la transmission en rappelant aux Français d’où ils viennent, pour savoir l’on ira demain.
Allez-vous vous en tenir au cas français, ou vous intéresser à l’international ?
La famille étant un phénomène universel qui a fondé toutes les sociétés dans le monde, on ne s’interdit donc pas de parler de l’étranger, bien au contraire. Nous voulons défendre le concept même de dynastie, qui illustre le lien entre héritage et transmission, et rappelle l’importance des figures humaines comme autant de maillons d’une longue histoire. Si pour le défendre, on peut faire voyager le lecteur et enrichir ce principe à partir d’autres réalités culturelles cette idée par les diverses expériences, nous en serons ravis.
Le 21 janvier, on commémorait la mort par décapitation de Louis XVI. Balzac disait que « lorsque l’on a coupé la tête du roi, on a coupé la tête de tous les pères de familles ». Qu’en pensez-vous ?
Lors de mon entretien avec Stéphane Bern et la Grande Duchesse du Luxembourg, j’ai pu me rendre compte à quel point le fait que l’autorité soit exercée par une famille fonde une relation très particulière entre le peuple et ceux qui le gouvernent. Quand un couple et une famille exercent l’autorité, ils acceptent d’être la famille des familles, la famille dans laquelle chacun peut se reconnaître et s’insérer. Dans les monarchies, le lien entre le peuple et le souverain n’est pas d’abord un lien fondé sur le choix et la raison, mais sur une réalité encore antérieure, fondée sur la nature et l’affection. En ce sens, la France a vraiment perdu son père, le père des pères, le 21 janvier 1793.

Première Partie, 10 €





