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Rossbach : Frédéric piétine les lys

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Publié le

14 novembre 2023

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Engagement majeur de la guerre de Sept Ans, la bataille de Rossbach voit la Prusse écraser une armée franco-autrichienne. Morceau central de la mémoire germanique, cet événement est le premier signe du remplacement de la domination militaire française sur le continent par celle de l’Allemagne.
histoire

En 1740, un jeune homme de vingt-huit ans monte sur le trône de Prusse. Il hérite d’un royaume de taille modeste, puissance émergente mais encore loin de pouvoir prétendre aux premiers rôles dans le concert des nations européen. Il règne sous le nom de Frédéric II, et a hérité de ses prédécesseurs une des armées les plus performantes du continent. Le jeune roi capitalise sans attendre sur cet atout et lance une série de conflits contre le grand frère autrichien pour s’emparer de la Silésie, riche province dont la possession permettrait à la Prusse de doubler sa population.

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Il parvient à s’emparer du territoire en 1745, mais l’Autriche prépare déjà sa revanche. Dans cette optique, elle s’allie à son ennemie héréditaire, la France, tandis que la Prusse se rapproche de la Grande-Bretagne : ces deux camps s’affrontent lors de la guerre de Sept Ans, qui éclate en 1756.

La petite Prusse de Frédéric se retrouve alors esseulée sur le continent, puisque la Russie a rejoint les franco-autrichiens et que sa principale alliée, la Grande-Bretagne, se concentre surtout sur la guerre dans les colonies nord-américaines. À l’automne 1757, une armée franco-autrichienne de 40000 hommes dirigée par le prince de Soubise s’avance vers la Prusse. Face à elle, Frédéric aligne deux fois moins d’hommes. Une défaite aurait des conséquences désastreuses pour son royaume aux fondations encore fragiles.

Le résultat est tout autre. Au matin du 5 novembre, Sou- bise engage son armée dans une vaste mais lente manœuvre d’encerclement de celle de Frédéric. Le roi prussien, brillant stratège, anticipe la manœuvre et lance une attaque aussi audacieuse que fulgurante sur les troupes alliées encore en

marche, en colonne. Les Prussiens débouchent face à eux en ordre de bataille, en ligne. Ils présentent donc un front beaucoup plus étendu, et leur feu balaie les troupes qui leur font face. La débandade est vite totale. L’affaire a à peine duré trois quarts d’heure. En comptant les prisonniers, les Franco-autrichiens ont perdu près de 9000 hommes, les Prussiens à peine 500. Frédéric triomphe.

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Les conséquences militaires de cette bataille ne sont pourtant pas décisives. Si elle donne un répit à la Prusse, celle-ci reste encerclée et lors des années suivantes, Frédéric II doit multiplier les miracles pour la sauver. Cependant, l’humiliation d’une armée française donne à cette victoire une résonance immense dans toute l’Europe, alors que depuis plus d’un siècle le continent tremble devant l’uniforme immaculé. Les Français, traumatisés, font bruisser Paris de chansons tournant Soubise en ridicule et des réformes profondes de l’armée suivront bientôt, plantant les germes des succès révolutionnaires et impériaux. Quant aux Prussiens, ils font une démonstration contre la meilleure armée du monde de leur brio militaire : la légende de l’excellence guerrière allemande est née.

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