Ce mardi 15, alors qu’allait débuter le match France-Allemagne, l’association de protection de l’environnement Greenpeace a décidé de faire des siennes. L’un de ses militants a joué les voltigeurs. En parapente avec l’inscription « Kick out oil » (« dehors le pétrole »), il est arrivé au-dessus de l’Allianz Arena de Munich. Après avoir heurté un câble portant une caméra, l’oiseau vert a perdu le contrôle, est descendu à toute vitesse et a frôlé les tribunes, avant d’atterrir tant bien que mal sur le carré vert. Le tout pendant l’échauffement des joueurs. C’est ce qu’on appelle tomber de haut.
Le but de l’action était de dénoncer l’un des sponsors de l’Euro : le constructeur automobile Volkswagen. « Notre demande : arrêtez de vendre des voitures diesel et essence mauvaises pour le climat » s’explique l’organisation. Cela n’en reste pas moins une énorme boulette, d’autant plus que l’activiste a blessé deux hommes dans sa chute. Dans un entretien qui a suivi la rencontre, Didier Deschamps a confié sa peur d’avoir « frôlé le drame ». Et d’ajouter « Quant à nous, sur le banc avec Guy (Stéphan), on s’est réfugié un peu… J’ai une petite bosse, parce que j’ai tapé un peu le haut du banc. ». L’incident n’a heureusement pas déstabilisé les joueurs français qui ont gagné le match 1-0.
Certains ont cru que l’incident avait empêché le genou à terre des Bleus, mais il n’en est rien. De leur propre initiative, les joueurs ont décidé de ne pas le faire : « le genou par terre, c’était une décision collective. On part du principe que si on doit le faire, toutes les nations doivent le faire avec l’appui de l’UEFA, a indiqué Hugo Lloris sur RMC. C’est le cas en Premier League, où le mouvement a été ensemble et solidaire. Sur cette compétition, c’est moins le cas ». Finalement le genou à terre, c’est Greenpeace qui a dû le faire en s’excusant non sans ridicule sur Twitter, avec l’écriture inclusive qui va bien. Des excuses qui battent de l’aile.
Cette action n’a jamais eu l’intention de perturber le jeu ou de blesser des gens. Nous espérons que personne n’a été blessé sérieusement. Nos actions sont toujours pacifiques et non violentes. Hélas, tout ne s’est pas passé comme prévu, nous en sommes désolé·es. https://t.co/aGmJ93jC7w
— Greenpeace France (@greenpeacefr) June 15, 2021
Cet événement n’est pas sans poser des questions sur la fiabilité des mesures de sécurité. Si l’on ne redoute pas la dangerosité (mais la bêtise, oui) des activistes de Greenpeace, la situation aurait été toute autre si l’homme était animé par de mauvaises intentions. « On peut craindre que certains terroristes arrivent à ce niveau de technicité et un jour copient ce type d’action en utilisant une ceinture explosive et en allant heurter volontairement une tribune remplie de supporters » prévient Albéric Dumont, fondateur d’Ultreia sécurité sur CNews. Pourtant, le ministre de l’Intérieur de la Bavière se défend en affirmant que « les tireurs d’élite l’avaient déjà dans le viseur » et que la police serait intervenue si elle « avait déterminé qu’il s’agissait d’un attentat terroriste » ; le planeur l’aurait alors « payé de sa vie ».
Pascal Praud s’est quant à lui indigné de la différence de traitement entre associations de gauche et de droit : « S’il cela avait été Génération identitaire, le traitement médiatique aurait été différent. Greenpeace peut mettre en danger la vie de milliers de gens ». Après avoir condamné l’incident, l’Union des associations européennes de football (UEFA) a tout de même cherché à donner des gages à l’écologie bien-pensante : « L’UEFA et ses partenaires sont pleinement engagés pour faire de cet Euro un tournoi durable et de nombreuses initiatives ont été mises en place pour compenser les émissions carbonées », chouinent-ils.
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Remarque étonnante, car si on nous bassine avec l’écologie, ils ont choisi d’organiser l’Euro dans onze pays plutôt que dans un seul, multipliant ainsi les déplacements de joueurs et autres organisateurs à travers l’Europe. Affligeant.
En réponse à des insultes sur Twitter, Greenpeace a expliqué qu’elle ne voulait « pas perturber le jeu. Nous pensons que le sport doit être honnête et que Volkswagen, à qui s’adressait cette action, est hypocrite ». Eux devraient en tout cas s’abstenir de pratiquer les sports aériens.





