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Sartène défend l’héritage napoléonien

Du 23 au 25 juillet, les « Rencontres Napoléoniennes » organisées par la municipalité de Sartène ont été consacrées au legs de l’Empereur. Une dizaine de conférenciers a participé à cette nouvelle édition, qui tend à faire de la ville la cité napoléonienne par excellence. De ses origines également sartenaises et de son parcours, des institutions créées et des victoires militaires indépassables, tout l’enjeu était de comprendre l’univers du « plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine », comme le dira Chateaubriand. Reportage.

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© Rencontres Napoléoniennes de Sartène, édition 2021

En dépit d’un temps caniculaire, il était question de rafraîchir les âmes en abordant l’héritage napoléonien par différents chemins : l’Antiquité grecque et romaine, la littérature, Chateaubriand, le Code civil, la Légion d’honneur, les commémorations depuis 1969, la poésie ou encore l’insularité. Les Rencontres Napoléoniennes sont cette entreprise un peu folle lancée il y a plus de six ans par Paul Quilichini, le maire de la commune, son premier adjoint, Bertrand d’Ortoli, avec l’aide précieuse d’Antoine-Baptiste Filippi et d’Olivier Battistini.

C'est d’ailleurs ce dernier qui a usé des trois coups du Brigadier pour lancer officiellement cette édition. Dans un texte puissant, le spécialiste de la Grèce antique, auteur d’un livre de collection (L’Artilleur/Bernard Giovanangeli), est revenu sur l’héritage et sur ce que Napoléon nous dit de nous-mêmes : « À tous les moments décisifs, Napoléon est le défenseur de l’égalité. Le Code civil la consacre. Au-delà de cela, le poète de l’action, le politique, la puissance, la grandeur. L’idée du politique, l’idée du beau et du tragique. L’héritage de Napoléon, c’est le rêve de la grandeur. En parler induit une approche métapolitique : l’idée d’un pouvoir partagé avec un peuple en armes, l’idée de l’affrontement Terre/Mer et de la dialectique qu’il suppose. L’idée que les civilisations s’affrontent nécessairement – être libre c’est commander aux autres – et qu’elles sont mortelles. Dans le tableau de Maurice Réalier-Dumas, « Bonaparte aux Tuileries – 10 août 1792 », Napoléon médite sur la nature éphémère des empires et leur chute nécessaire. Aujourd’hui, d’autres empires s’éteignent : « Les Barbares se sont infiltrés dans les défenses, ils sont installés dans nos murs. Ces signes sont ceux de la prochaine nécropole. Le Bourreau attend. Paraîtront bientôt les vautours. » Les grandes natures sont en proie à la mélancolie – la mélancolie ou la lucidité ? Ce qui revient au même comme le souligne Sylvain Tesson à propos de Jean Raspail ».

D’une île à l’autre, qui distinguera le politique du rêveur, le latin du breton, le nostalgique du pragmatique ? D’outre-mer et d’outre-tombe, Chateaubriand en héritier du corsaire Surcouf dépeint l’aboutissement de l’homo strategicus selon la formule de Guibert

Le thésaurus peut s’ouvrir et parcourir de A à Z tous les éléments de la pensée napoléonienne : Jérôme Besnard, journaliste à L’Incorrect et auteur de La Droite imaginaire : de Chateaubriand à Fillon (Éd. du Cerf), explore les liens entre Bretagne et Corse, entre Saint-Malo et Sartène, entre l’auteur des Mémoires et l’Empereur. D’une île à l’autre, qui distinguera le politique du rêveur, le latin du breton, le nostalgique du pragmatique ? D’outre-mer et d’outre-tombe, Chateaubriand en héritier du corsaire Surcouf dépeint l’aboutissement de l’homo strategicus selon la formule de Guibert.

C’est au tour du doctorant de l’Université de Corse, François Santoni, de revenir sur le Précis des Guerres de César commenté par Napoléon à Sainte-Hélène. Napoléon livre son analyse, compare la situation de Rome avec celle de son époque tout en se permettant de critiquer César sur certaines de ses erreurs. Cet héritier est dur avec son lointain prédécesseur comme nous pouvons l’être avec lui aujourd’hui ! Clap de fin pour cette première soirée sous les étoiles au sein du théâtre de verdure. [...]

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