5 – West Side Story (2021)
On n’y croyait pas vraiment, et pourtant Spielberg, à presque 75 ans, atomise la concurrence et se paye le luxe de réaliser un meilleur film que Robert Wise. Véritable ode au cinéma, West Side Story est un spectacle total, un pur dispositif, éclairé comme jamais par l’immense Janusz Kaminski, sculpteur de lumière officiel du plus grand réalisateur. Un ravissement.
4 – A.I., intelligence artificielle (2001)
Un script que Kubrick laissa en héritage à Spielberg et qui se voulait d’abord comme une sorte de revisite science-fictive de Pinocchio. On retrouve toute la cérébralité et pas mal d’obsessions kubrickiennes – mais avec la patte « universaliste » et profondément humaine de Spielberg. Autant dire que le mélange est détonant – et que certaines scènes, dont la chasse aux robots sous une impitoyable lune factice – impriment durablement la rétine.
3 – Indiana Jones et le temple maudit (1984)
Rien que pour son ouverture inspirée autant par Tintin, James Bond que par l’âge d’or de la comédie musicale, Le Temple maudit vaut le coup d’œil. Une scène d’action incroyablement complexe, que Spielberg va épuiser scénographiquement parlant, multipliant les points de vue et les focales. Une véritable mise en place panoptique qui fera du Temple maudit – et jusqu’à aujourd’hui – l’épitomé du film d’aventures.
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2 – Rencontres du troisième type (1977)
Filmé comme un opéra, porté par une partition légendaire de John Williams et par les effets stupéfiants du regretté Douglas Trumbull, le Méliès californien, Rencontres impose le génie spielberguien, touche-à-tout, invoquant ici les références bibliques et frôlant parfois le cinéma expérimental, tout en étant radicalement issu des années 70 et du nouvel Hollywood – notamment pour ses scènes intimistes plus vraies que nature. Ah, revoir François Truffaut qui dit à Richard Dreyfuss : « Je vous envie tant » devant un vaisseau spatial haut comme une montagne. Un fantasme de cinéphile.
1 – E.T. (1982)
Ou comment faire pleurer des générations d’enfants (et d’adultes) avec la créature la plus laide et la moins vraisemblable qui soit jamais sortie des mains d’un designer (merci Carlo Rambaldi). Un film-somme réalisé à l’âge de 36 ans où Spielberg accumule les scènes cultes (dont une séquence d’ouverture virtuose, proche de l’animation, muette et filmée intégralement en silhouettes) et déploie un authentique « génie du cœur » : tout simplement inoubliable.





